Après un grand temps de vie en symbiose maman / bébé, la première séparation pour un mode d'accueil doit se réaliser et la décision de confier son tout-petit à des mains étrangères est difficile. « On se sépare » pour la reprise du travail, pour la recherche d'un emploi mais aussi pour le bien être de l'enfant.
Vous avez passé une première épreuve d'angoisses et de stress dans les démarches d'inscription.
L'échéance arrive, vous avez eu une réponse positive d'une structure d'accueil ou vous avez trouvez une assistante maternelle agrée indépendante pour garder votre enfant. La deuxième épreuve s'annonce !
Parce Qu'il est alors dur de penser que son fragile bout de chou va connaître sa première séparation.
Comment va t-il supporter ce choc affectif ?
Il est important d'envisager une séparation progressive, ce qui n'est pas anodin.
Il faut se préparer à couper, durant quelques heures par jour et plusieurs jours de suite, le cordon affectif qui lie le parent au bébé.
Pour franchir cette étape, un seul moyen : agir en douceur et passer le relais aux professionnelles. Il leur suffit de quelques jours pour que vous et votre bébé vivent sans heurt cette nouvelle vie.
Cette période d'adaptation est à prendre très au sérieux quelque soit le mode d'accueil choisi.
Avec une assistante maternelle, cela ne doit pas être une période d'essai : On ne met pas un enfant à l'essai ! Le contrat de garde établi entre les parents et l'assistante maternelle doit être clair pour que enfant et nounou fasse progressivement connaissance.
Ce contrat est un véritable contrat de travail qui lie l'assistante maternelle à l'employeur (les parents). Quelques points essentiels : Vie de l'enfant, horaires de garde, fournitures, repas, rémunération...
La douceur dans cette progressivité du temps d'adaptation est une garantie de confiance mutuelle pour les jours, mois et années à venir.
Les trois partenaires doivent apprendre à se connaître, à s'apprivoiser. «apprivoiser... ça signifie créer des liens... » dit le renard au petit prince dans le livre de Saint Exupéry. L'enfant doit se familiariser à ce nouvel espace de vie.
L'adaptation dans une collectivité c'est aussi trouver ses repères au milieu de nombreux adultes, enfants ; dans un espace plus grand, bruyant et lumineux.
Vous parlerez de ses habitudes, de ses rythmes. S'il vous sent parfaitement en confiance il pourra lui aussi faire confiance.
Quand un parent laisse, du jour au lendemain, l'enfant pour la journée entière, celui-ci peut en souffrir et exprimer des signes de désarroi (refuge dans le sommeil, perte d'appétit, angoisses...).
Le premier jour, vous restez avec votre bébé 1 heure, 1 heure 30 (les deux parents sont bien sûr les bienvenus). Vous faites connaissance avec le professionnel référent et l'espace de vie. Bébé vous fera sentir le moment de partir. C'est beaucoup pour un premier jour !
Le deuxième jour, le professionnel proposera un contact avec l'enfant. Vous resterez un peu plus longtemps. Le parent laissera l'enfant quelques minutes dans les bras de celui-ci si tout va bien, et quittera la pièce en prévenant l'enfant du temps de séparation. Le retour doit être un plaisir pour chacun de se retrouver, avec pour le parent la joie que l'enfant était en confiance avec le professionnel.
Dans les jours qui vont suivre, la présence de l'enfant dans le mode d'accueil va s'allonger et en même temps, la durée de séparation va augmenter.
Le temps de repas sera partagé à trois, puis à deux.
Le premier sommeil sera un « abandon » avec la promesse de retrouver son parent au réveil.
Cette période vous demandera beaucoup de disponibilité (n'oubliez pas, si possible, de faire appel à d'autres membres de la famille : grand-père, grand-mère, oncle, tante, frère, sœur, ...). Les professionnelles s'adapteront à vos horaires et vous aux leurs.
Chaque journée évoluera suivant les réactions de votre bébé et de son bien-être.
Il faudra peut-être freiner un jour l'évolution pour que le lendemain, à nouveau, les plaisirs réciproques soient retrouvés.
Quand bébé est tout petit, votre odeur est le lien qui peut vous réunir quand vous êtes physiquement séparés. Un foulard ou un vêtement léger imprégné de votre parfum sera d'un réconfort inestimable. Plus tard, un doudou ou une tétine remplacera cet objet transitionnel.
Dites toujours à votre enfant quand vous allez partir et quand vous allez revenir ; respectez votre parole, si vous avez un contre temps et que vous risquez d'être en retard, faites-le prévenir, même s'il est tout petit.
Ne partez jamais en traître, dîtes-lui au revoir et accepter ses protestations (pleurs, colères ou même, signe d'ignorance). Il a bien le droit de ne pas être d'accord. Ne traînez pas pour autant. Un dernier bisou, on vérifie que le doudou est là et hop... Partez.
« Il pleure quand je pars... C'est sûr ,il va passer une journée horrible (et moi aussi) » Bien sûr, ce n'est pas drôle pour vous de le quitter dans ces conditions, mais sachez que s'il pleure maintenant, c'est aussi pour évacuer un peu son chagrin. Du coup, le voilà plus disponible pour passer une bonne journée. N'oubliez pas que le téléphone existe et qu'un petit appel (utilisé avec modération !) vous rassurera de suite.
Pour concrétiser votre absence, laissez aux professionnelles une photo de la famille (animaux domestiques compris), elles en feront un cahier, ou l'afficheront au mur à hauteur des yeux. Les enfants pourront devant la ou les photos, trouver un réconfort en parlant de leur tristesse, s'y ressourcer. Les copains et copines auront aussi beaucoup de plaisir à pointer le papa et la maman de l'un ou de l'autre.
Alors, interrogez l'assistante maternelle ou les professionnelles de la crèche sur sa journée, son comportement.
Comment s'est passée la sieste ? Qu'a-t-il mangé à midi ? A quoi a-t-il joué ?
Puis, parlez-en avec lui. Racontez-lui aussi ce que vous avez fait pendant votre absence.
Quand vous rentrez à la maison, essayez d'être disponible. N'en faites pas trop non plus ! Ne prolongez pas le temps passé ensemble au détriment de son sommeil. Sa journée à sans doute été bien remplie.
Les bébés s'accommodent de bien des choses, y compris de se séparer de vous, à condition d'avoir deux certitudes, celle de vous retrouver, et celle que vous les aimer.
Claire DELMAS, Infirmière puéricultrice, Directrice de crèche
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