Enquête sur la qualité de vie des étudiantes puéricultrices

Communiqué de presse

La qualité de vie des étudiantes puéricultrices[1] se dégrade

Enquête sur la qualité de vie des étudiantes puéricultrices

Paris, le 4 septembre 2017 En ce jour de rentrée des classes, l’Association Nationale des Puéricultrices(-teurs) Diplômé(e)s et des Etudiants rappelle les résultats d’une enquête menée auprès des étudiantes puéricultrices et souligne les difficultés rencontrées notamment quant au financement disparate selon les régions. Réalisée durant le premier trimestre 2017 à l’initiative de l’association, cette enquête a été menée sur un panel de 519 étudiantes soit plus de 45 % des étudiantes puéricultrices. L’ANPDE souhaite à travers ce travail s’enquérir de leurs conditions de vie. Cette enquête permet ainsi de dresser un état des lieux représentatif de la situation actuelle. Elle a porté sur différents points : l’entrée en formation (diplôme initial, mode de financement…), les conditions de vie durant la formation tant au niveau personnel que professionnel et le futur des étudiantes notamment leurs souhaits suite à leurs études.

 

L’enquête

L’enquête révèle que les personnes ayant répondu à l’enquête sont relativement jeunes avec 26 ans d’âge moyen.  Toutefois, la diversité d’âge est importante et l’on note des entrées en formation à 48 ans. Enfin, 54 % des étudiantes choisissent d’entrer en formation suite à un projet professionnel précis, signe d’une véritable envie de faire cette spécialisation.

Même si la formation amenant au diplôme d’Infirmière Puéricultrice Diplômée d’Etat est ouverte aux sages-femmes, il est à noter que 100% des étudiantes puéricultrices ayant réalisé l’enquête ont un diplôme d’Infirmière Diplômée d’Etat. En outre, le mode d’entrée en formation en 2017 se fait à 50% par la poursuite des études infirmières en formation initiale. On remarque également que 26% des étudiantes se mettent en disponibilité, preuve de nouveau, de la réelle volonté de suivre la formation de spécialisation.

S’agissant du choix de l’institut de formation, celui-ci est principalement lié à la proximité géographique pour 65% alors que 11% choisissent en fonction du coût de la formation.

 

Le financement : un frein pour l’accès à la spécialisation

 

Il existe de grosses disparités selon les régions et selon les établissements sur le coût des études et sur leurs modes de financement. Le coût annuel moyen de l’année de spécialisation s’élève à 5476 euros auxquels s’ajoutent les frais annexes d’hébergement, de transports…

S’agissant des modes de financements des formations, il est à noter que 52% des étudiantes ont dû faire ap pel à leurs parents ou à la famille. Pour 41%, elles ont utilisé leurs ressources personnelles. Au

total, 42% des étudiantes n’ont eu accès à aucune aide et ont dû prendre sur des fonds individuels.

Pour 9,4%, un emprunt a été nécessaire. Quant aux financements par les employeurs, ceux-ci ne représentent que 17%. Cette faible prise en charge par l’employeur illustre la véritable difficulté pour les professionnelles d’accéder à la spécialité.

L’enquête met également en évidence une disparité sur les équipements mis à la disposition des étudiantes lors des formations. Restauration collective, équipement de formation, accès à une infirmerie, équipement sportif…

Notons également que l’encadrement par les tuteurs, l’écoute et la disponibilité des intervenants sont des points forts de la formation puisqu’il ressort un taux de « tout à fait satisfaisant » dans 67 % des cas. De même, la qualité de l’accueil en stage et les qualités pédagogiques des intervenants sont « tout à fait satisfaisantes » pour la moitié des étudiantes. Il est à noter que 88,23 % des étudiantes ont obtenu globalement les stages souhaités. A l’inverse, les points les plus négatifs sont le rythme de la scolarité avec 89 % de personnes insatisfaites ou moyennement satisfaites.

 

Conditions de vie des étudiantes

 

Alors que l’enquête a été réalisée durant le 1er trimestre, 85% des étudiantes se disent épuisées et  37% d’entre elles se disent déprimées, 30% isolées et 54% ayant des difficultés de sommeil. En effet, 76 % des étudiantes considèrent que cette impression s’est accentuée au cours de la formation. Moins de la moitié des sondées (45,5%) assurent avoir une alimentation adaptée, celle-ci pouvant également être impactée par l’absence de restauration collective. Cependant, 88% des étudiantes jugent leur état de santé supérieur ou égal à 3 sur 5.

Les études de puéricultrices sont actuellement très attractives. En effet, malgré un coût élevé et une prise en charge de la formation initiale aléatoire, le nombre d’étudiantes en poursuite de formation suite au Diplôme d’Etat d’Infirmière reste majoritaire. L’absence, à ce jour, d’actes exclusifs pour la spécialité n’encouragent pas les employeurs à financer cette formation.  Pour les étudiantes, le rythme de la scolarité est véritablement le point noir de la formation. L’infirmière puéricultrice est amenée à travailler dans de nombreux secteurs (hospitaliers et extra-hospitaliers). La formation actuelle, en un an, ne permet pas d’approfondir l’ensemble des notions indispensables à la prise en charge de l’enfant de 0 à 18 ans. Les études de puéricultrices sont donc attractives, mais doivent à présent s’adapter à l’évolution de la société en approfondissant les contenus et en permettant l’accès au grade Master.

Charles Eury – Président-  ANPDE06 46 84 81 75 Sébastien Devillers06 63 43 89 24

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