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Réingénieries des spécialités : deux années de travail et puis quoi ?
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COMMUNIQUE DE PRESSE

Réingénieries des spécialités

Deux années de travail et puis quoi ?

Paris, le 15 octobre 2018 – Les 21 et 30 mars 2017 reprenaient respectivement pour les infirmièr.e.s puéricultrices(teurs)* et de bloc opératoire diplômés d’Etat** les travaux portant sur la réingénierie de leur formation. Ces travaux s’inscrivaient dans le cadre de la mesure 13 de la Grande Conférence de Santé orchestrée par Manuels Valls et précisait « : Confier – à moyen terme – aux universités l’encadrement pédagogique des formations paramédicales ». Plus récemment, une mission interministérielle a d’ailleurs été confiée par Agnès Buzyn et Frédérique Vidal à Stéphane Le Bouler pour mener à bien cette intégration des formations en santé à l’université. (*IPDE, **IBODE)

 

Un cadrage interministériel pour le 8 avril 2017 selon la DGOS !

Les réingénieries, souhaitées par les professionnels, étaient attendues depuis près de 10 ans pour les IPDE et les IBODE et devaient permettre, à l’issue, une reconnaissance au grade Master pour les nouveaux diplômés et surtout une intégration à l’université. La Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) préconisait une mise en place opérationnelle pour la rentrée de septembre 2018. Pour mener à bien ces réingénieries, la DGOS avait diligenté un planning de travail avec les différents protagonistes et confiait alors prévoir un cadrage interministériel (Santé/Enseignement Supérieur) pour le 8 avril 2017.

L’ANPDE, l’UNAIBODE, l’AEEIBO et le CEEPAME ont depuis mars 2017 travaillé sous la directive de la DGOS à la réalisation de ces réingénieries. Cependant et malgré les sollicitations des professionnels de ces derniers mois, la DGOS est aux abonnés absents. Elle a été, en outre, dans l’incapacité de fournir des réponses et notamment de clarifier la problématique de la rentrée 2018, laissant ainsi les écoles et les étudiants dans l’interrogation. Les travaux initiés par la DGOS sont aujourd’hui à l’arrêt.

Lors du séminaire du 20 septembre 2018 organisé par le CEFIEC portant sur l’universitarisation des formations en santé, il a été précisé par Stéphane Le Bouler, en charge de la mission interministérielle, que les réingénieries telles que travaillées aujourd’hui par l’ANPDE, l’UNAIBODE, l’AEEIBO et le CEEPAME ne correspondaient pas au cadre universitaire ! Pourquoi la DGOS a-t-elle fait travailler les professionnels depuis deux ans sur des maquettes qui s’avéreront à terme obsolètes ? Pour calmer les esprits quant à la reprise des travaux souhaités par les associations ? Pour gagner du temps ?

La rapidité avec laquelle ont été mis en place la formation des Infirmier.e.s de Pratique Avancée, celle des futurs assistants médicaux ou encore le service sanitaire, interrogent quant aux priorités du gouvernement et notamment s’agissant des spécialités ! Mais la rapidité avec laquelle ont été mis en place ces dispositifs, associés aux travaux des professionnels doivent permettre des réingénieries opérationnelles rapidement.

Aujourd’hui, les professionnels articulent leurs travaux et maquettes selon les critères universitaires. Pour cela, elles souhaitent très rapidement pouvoir travailler avec l’Enseignement Supérieur et finaliser rapidement les réingénieries en cours.

Charles Eury -Président

ANPDE -06 46 84 81 75

Aline Dequidt-Martinez

AEEIBO – 06 22 13 25 45

Sébastien Devillers – Aurasi Communication

06 63 43 89 24

sdevil@aurasicommunication.com

 

 
Livre Blanc de l’ANPDE - 92 propositions d’évolution de la spécialité pour garantir la santé des enfants

Du 31 mars au 30 avril 2018, l’ANPDE lançait une enquête nationale à destination de tous les infirmier.es puériculteurs(trices) (IPDE), adhérents et non adhérents de l’association. L’objectif de cette enquête était de permettre aux IPDE de s’exprimer sur les évolutions nécessaires à la profession pour toujours mieux s’intégrer dans un système de santé en mutation.  L’ambition pour l’ANPDE était de proposer, à travers les résultats issus du terrain, un livre blanc couvrant les principaux secteurs d’activités de la spécialité pour construire le métier de demain.

92 propositions et 6 secteurs d’activité

L’enquête, accessible à tous les IPDE, aura permis à l’ANPDE de construire un livre blanc couvrant les 6  principaux secteurs d’activité de la spécialité pour en ressortir 92 propositions d’évolution.

Les secteurs sur lesquels s’est attachée l’association pour construire ce livre blanc concernent le milieu hospitalier, les missions de l’IPDE en Protection Maternelle et Infantile, celles menées auprès des modes d’accueil, ou encore en milieu scolaire. L’association s’est également concentrée à décliner des propositions concrètes s’agissant des activités en libérale et enfin pour les missions de l’IPDE en protection de l’enfance. Leur mise en œuvre ambitieuse devra passer par des modalités différentes : réforme des décrets relatifs au secteur hospitalier, exercice coordonné dans le cadre d’une nouvelle activité libérale, redéfinition du parcours de santé de l’enfant et articulation des dispositifs existants. Dans un contexte de tension de la démographie médicale, de complexification des situations familiales, mais aussi d’une technicisation des prises en charge hospitalières, ces évolutions apparaissent incontournables.

Notre système de santé est en effet en pleine mutation. Une mutation toujours plus rapide avec l’apport des nouvelles technologies, du numérique, de l’augmentation des maladies chroniques ou encore des défis de la démographie médicale. L’enfant et sa famille sont au cœur de cette problématique de santé et il est nécessaire aujourd’hui de repenser notre vision « santé » pour toujours garantir un égal accès au soin pour tous. Dans ce défi, l’ANPDE s’est attachée de manière collégiale et pluriprofessionnelle à formuler des propositions qui visent à garantir à l’enfant et à sa famille des soins adaptés, réalisés par des professionnels de la santé de l’enfant de 0 à 18 ans.

« Nous savons désormais que l’impact de la prévention et de la qualité des soins, proposé à l’enfant d’aujourd’hui, sera majeur pour l’adulte de demain. Pour le soigner, le guider et l’accompagner lui et ses parents dans sa prise en soin parfois complexe, nous avons souhaité à travers ce livre blanc décliner les évolutions nécessaires à la spécialité de puéricultrice pour garantir son avenir. » précise Charles Eury, président de l’ANPDE.

Consultez le Livre Blanc

Consultez le Livre Blanc

Inclusion des enfants en situation de handicap, l’ANPDE se félicite du rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge

Paris, le 29 août 2018 – Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) présente à la Ministre des Solidarités et de la Santé ce mercredi 29 août son rapport « Accueillir et scolariser les enfants en situation de handicap de la naissance à 6 ans et accompagner leur famille ». L’ANPDE, qui avait été auditionnée lors de l’élaboration de ce rapport, se félicite des propositions énoncées et notamment des 6 axes prioritairement identifiés par le HCFEA qui s’inscrivent dans la politique d’inclusion des enfants en situation de handicap dès leur plus jeune âge menées et défendues par l’ANPDE.

L’ANPDE rejoint le HCFEA sur les 6 axes prioritaires identifiés qui s’inscrivent pleinement dans ce que défend l’ANPDE concernant les modes d’accueil : un accueil pour tous, un parcours intégré de l’enfant jusqu’à l’école, et un appui aux professionnels de la petite enfance pour que l’accueil proposé soit réalisé par des professionnels ayant reçu une formation suffisante sur ces enjeux.

Il est également souligné par le HCFEA la nécessité de revoir les modes de financement. En revanche, la prime proposée pour les assistantes maternelles souhaitant se former à la prise en charge d’un enfant en situation de handicap peut toutefois questionner. Cette formation devrait en effet être intégrée à une formation obligatoire pour l’ensemble des assistantes maternelles afin de favoriser l’accueil de tous, et non pas soumis aux enjeux économiques. Cependant, concernant les financements des temps d’accueil, l’évolution préconisée par le HCFEA apparaît aujourd’hui nécessaire.

L’ANPDE souhaite à travers ce communiqué, faire part de son soutien concernant la proposition 9 d’un dispositif mobile d’appui et de ressources ou au minimum d’un référent « petite enfance et handicap ». Cette disposition permettrait d’offrir une réponse aux équipes en difficulté et de favoriser la réflexivité professionnelle par un regard extérieur à la structure. Les puéricultrices, avec leur formation transversale et leur connaissance du handicap, apparaissent comme des acteurs pertinents et incontournable pour cette mission.

Enfin, l’ANPDE alerte sur la proposition 21 demandant l’obligation de réalisation du bilan du 24ème mois pour l’inscription à l’école. Alors que le rapport indique que les médecins se disent peu formés aux bilans et évaluations de prévention précoce, et que le manque de temps médical est aujourd’hui un enjeu important de santé publique, une telle disposition en l’état semble peu réalisable. Cependant, un élargissement des compétences des professionnels paramédicaux, notamment dans le cadre des pratiques avancées, pourraient venir contribuer à l’effectivité de cette mesure qui est à maintenir sur le fond. De plus, les formulaires informatisés permettant une meilleure circulation des informations devraient pouvoir rentrer dans le dispositif du carnet de santé numérique afin d’obtenir un outil unique de suivi de l’enfant.

Alors que les EAJE peinent aujourd’hui à s’adjoindre une compétence médicale pourtant obligatoire, l’élargissement des compétences paramédicales est également un enjeu d’inclusion pour les enfants et leurs familles.

Communiqué de presse : Décret de périnatalité

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

La Direction Générale de l’Offre de Soins exclue l’ANPDEet les infirmiers de la périnatalité

Paris, le 6 juillet 2018 – Le 14 février 2018, l’ANPDE était reçue par la DGOS dans le cadre du projetde réforme des autorisations sanitaires portant notamment sur le décret de périnatalité. Lors decette réunion l’ANPDE a été entendue notamment sur les problématiques de terrain auxquelles sontconfrontées les professionnels. La DGOS confirmait alors l’apport de l’association et l’intégrait de fait dans le groupe de travail et de réflexion du décret.

C’est par la presse que l’ANPDE apprend le lancement des travaux avec une première réunion de travail ce vendredi 6 juillet 2018. Malgré les multiples sollicitations ces derniers jours de l’associationreprésentant les professionnels de la petite enfance auprès du Ministère, aucun membre de laprofession infirmière ne sera présent lors de ces réunions devant, à l’issue, fixer la composition deséquipes soignantes et notamment le nombre d’infirmières puéricultrices en unité obstétrique, de néonatalogie, de réanimation néonatale et en soins intensifs néonataux. Précisons que cela concerne également les « infirmières expérimentées en néonatologie ».

En outre, ce décret précise également les conditions d’accueil des parturientes, des mères et desnouveau-nés avec notamment l’aspect primordial favorisant la relation et le lien mère- enfants.Rappelons qu’il s’agit à travers cette mission du rôle majeur de l’infirmière puéricultrice. Aussi, est-il navrant que la DGOS dans son projet de décret fasse l’économie, de nouveau, du savoir-faire desprofessionnels dès lors qu’il s’agit de la profession infirmière.

La DGOS a rappelé aux représentants de l’ANPDE que ces réunions étaient exclusivement réservéesaux Collèges Nationaux professionnels. Si les collèges médicaux sont représentés, il est à déplorerl’absence de sollicitations tout à la fois de l’ANPDE et du Collège Infirmier Français (CIF).

Face à la priorité donnée par le gouvernement à la politique de santé de l’enfant et les discours mettanten avant le rôle des infirmières puéricultrices, l’ANPDE s’interroge sur les raisons qui poussent aujourd’hui la DGOS et le Ministère à mener ces réflexions concernant l’exercice professionnel desinfirmiers avec pour seuls interlocuteurs les représentants médicaux.

A propos de l’ANPDE

Créée en 1949, l’Association Nationale des Puéricultrices(teurs) Diplômé(e)s et des Etudiants (ANPDE) est l’unique association qui défend et rassemble les professionnels de la spécialité de puéricultrice. Forte de ses 2000 adhérents, elle vise à promouvoir une politique de santéambitieuse pour les quelque 13 millions d’enfants, et à défendre leur intérêt et celui de leur famille. Elle représente les 20 000 professionnelsdiplômés de la spécialité et les étudiants dans les instances officielles permettant ainsi l’évolution de la profession et la reconnaissance de la plus-value de la puéricultrice. L’ANPDE contribue, en outre, au développement professionnel en organisant des formations DPC et un congrès annuel de haute valeur scientifique.

 

Charles Eury -Président ANPDE                                   

06 46 84 81 75                                                            

president@anpde.asso.fr                                            

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Sébastien Devillers – Aurasi Communication

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Interview Hospimedia / ANPDE - "74% des puériculteurs hospitaliers considèrent que leurs compétences ne sont pas reconnues"

"74% des puériculteurs hospitaliers considèrent que leurs compétences ne sont pas reconnues"

Publié le 12/06/18 - HOSPIMEDIA

L'Association nationale des puériculteurs diplômés et des étudiants organise ses journées d'études jusqu'au 15 juin. Universitarisation, réingénierie, pratique avancée... L'actualité de la profession, c'est aussi une qualité de vie au travail en berne et un grand besoin de reconnaissance. Explications avec le président de l'ANPDE, Charles Eury.

Hospimedia : "Les journées d'études de l'ANPDE se tiennent jusqu'au 15 juin à La Rochelle (Charente-Maritime), vous y présenterez le résultat d'une enquête menée en avril sur les aspirations des puériculteurs (lire notre article), pourquoi une telle enquête ?

Charles Eury : Aujourd'hui au niveau de la profession et de la spécialité de puériculture, le Gouvernement a vraiment changé de paradigme, avec une forte volonté d'axer les choses sur la prévention. On le voit notamment dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale de santé avec des éléments très importants tels que la structuration de la prise en charge de l'enfant et, plus largement, la création d'un réel parcours de santé de l'enfant. Les puériculteurs sont au cœur de ces actions et sont de réels acteurs de santé publique. C'est une profession transversale, sur l'hospitalier et sur l'extra-hospitalier, elle a donc un rôle à jouer. Nous voulions voir sur le terrain comment ces professionnels vivent leur travail et la prise en compte de leurs compétences.

"65% des puériculteurs considèrent que leur qualité de vie au travail s'est dégradée ces dernières années."

H. : Pouvez-vous nous donner quelques pistes sur les résultats de cette étude ?

C. E. : L'un des premiers éléments, sur plus de 3 000 répondants, est que 65% des puériculteurs considèrent que leur qualité de vie au travail s'est dégradée ces dernières années. Une situation encore plus inquiétante chez les hospitaliers. Ils sont 74% à considérer que leurs compétences ne sont pas reconnues et valorisées, aussi bien par le corps médical que les directions, et que leur qualité de vie au travail s'est dégradée. C'est dans ce secteur que les chiffres sont les plus élevés.
 

Repère

La France compte 20 699 puériculteurs selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) datée de 2016. Un peu moins de 60% d'entre eux sont des hospitaliers.

H. : Vous vous attendiez à de tels résultats ?

C. E. : Oui, on voit bien aujourd'hui que les conditions de travail à l'hôpital sont difficiles et se dégradent pour toutes les professions. Par contre, 74% des puériculteurs qui ne se sentent pas reconnus, cela pose question. On sait bien que la reconnaissance est un facteur clé de la qualité de vie au travail. Et revaloriser les compétences, cela ne passe pas que par la voie budgétaire. Cela peut être amélioré directement sur le terrain en utilisant les compétences de leur formation. C'est donc pour nous un résultat qui pose question.

H. : Revaloriser les compétences des puériculteurs, c'est justement l'un des enjeux de la réingénierie du diplôme, où en est-on aujourd'hui ?

C.E. : Nous avons eu ce 11 juin la dernière réunion avec la DGOS où nous avons quasiment finalisé l'ensemble des référentiels et principalement le référentiel de formation. Notre priorité, c'est vraiment la finalisation de la réingenierie dans le courant de ce semestre 2018, pour pouvoir ensuite mettre en œuvre le nouveau référentiel à la rentrée 2019. Nous, ce que nous souhaitons, c'est de pouvoir avancer rapidement pour finaliser les textes. Le nouvel arrêté de formation ouvrira de nouvelles possibilités qui vont de pair avec l'universitarisation : à savoir la mise en place d'une formation en alternance, une formation professionnelle, plus de démocratie étudiantes, avec plus d'investissement des étudiants dans l'organisation de leur formation... Ce sont des propositions portées par l'ANDPE. Nous sommes donc pour l'instant dans l'attente d'un retour pour pouvoir finaliser ces éléments si possible en concertation avec l'ensemble des acteurs, y compris l'enseignement supérieur.

"Avec l'ANPDE, nous souhaitons une réelle collaboration avec l'université, un travail en coopération et pas juste avoir des enseignants chercheurs qui viennent dispenser quelques cours par rapport à un référentiel qu'on aurait établi de notre côté."

H. : Cette réingénierie va poser aussi la question de l'avancée du processus d'universitarisation...

C. E. : Vont en effet se poser ensuite les questions de l'intégration à l'université, de la prise en charge financière par les régions et toutes ces questions concrètes à traiter. Avec l'ANPDE, nous souhaitons une réelle collaboration avec l'université, un travail en coopération et pas juste le fait d'avoir des enseignants chercheurs qui viennent dispenser quelques cours par rapport à un référentiel qu'on aurait établi de notre côté. Nous souhaitons vraiment que tout cela se fasse ensemble.

H. : Parmi toutes ces réformes en cours, quelles sont les priorités portées par votre association ?

C. E. : La priorité pour l'ANPDE ? La démocratie étudiante et le fait d'impliquer davantage les étudiants dans leur formation. Le fait de passer d'une année de formation à deux années universitaires, cela laisse plus de temps pour s'intégrer vraiment dans une formation et dans un corps professionnel. Et donc nous aimerions les aider à vraiment intervenir sur le déroulé de leur formation et sur les modalités, cela me paraît important. Il y a aussi la question de l'enseignement et des personnes qui vont porter cet enseignement sur le terrain, avec les nouvelles modalités que cela peut impliquer. L'important est de conserver la part du terrain et des professionnels, avec des enseignants qui seront, par exemple, les enseignants actuels qui ont une expérience de terrain comme puériculteur et, je le répète, de la mixité avec les universitaires.

"Le puériculteur est un atout pour le système de santé et contre les déserts médicaux."

H. : Lors des journées d'études du Comité d'entente des formations infirmières et cadres (Cefiec), certains représentants de la formation se sont montrés frileux quant à la coopération avec les universitaires (lire notre article), la mixité est-elle compliquée à mettre en place ?

C. E. : Non je ne pense pas que ce soit compliqué, je pense qu'il y a des bonnes volontés des deux côtés. Mais si l'on veut que tout se passe bien, il doit y avoir des temps de réflexion communs pour poser les choses, discuter en profondeur. Et pour le moment nous n'avons pas eu l'occasion d'aborder tous ensemble les modalités concrètes. Je pense que si nous réussissons à avoir ces moments pour en parler et les réunions nécessaires, cela pourra se faire correctement.

H. : Au-delà de ces réformes qui visent à revaloriser leurs compétences, dans le système de santé de demain, quelle est la place des puériculteurs ?

C. E. : Aujourd'hui, avec les enjeux de santé publique que l'on rencontre, ce serait incompréhensible de ne pas mobiliser les compétences des puériculteurs sur le terrain. Le puériculteur est un échelon intermédiaire entre l'infirmier, qui acquiert peu voire pas de compétences en pédiatrie, et le médecin généraliste, voire le pédiatre. Le puériculteur a vraiment une formation spécifique chez les enfants. Il est une compétence à mobiliser pour avoir un système de santé plus fluide. La structuration du parcours de santé de l'enfant n'existe quasiment pas aujourd'hui. Il y a déjà au niveau territorial de fortes disparités mais en plus le parcours n'est toujours pas coordonné. Plus que de défendre la spécialité, nous demandons d'ailleurs plus largement des formations spécifiques et adaptées pour s'occuper des enfants.

"L'idée que nous portons : aller plus loin dans la compétence infirmière en valorisant celles des puériculteurs. Nous allons proposer un livre blanc de l'ANPDE qui contiendra des propositions très concrètes."

H. : Ils ont donc un rôle à jouer dans le plan d'égal accès aux soins ?

C.E. : Bien sûr ! Et pas seulement à l'hôpital. Valoriser un exercice libéral pour les puériculteurs, c'est aussi rentrer dans plus d'efficience pour le système de santé et reconnaître la spécificité des soins à l'enfant et de son parcours. Ce sont des propositions que nous avons portées dans le cadre de la concertation sur le plan d'accès aux soins. La stratégie nationale de santé est parue mais aussi le plan priorité prévention, qui a été officialisé et dans lequel on parle de mettre en place un parcours de santé pour les 0-6 ans ainsi qu'une consultation médicale pour les moins de 6 ans. C'est évidemment, ce que l'on porte. Faire tout cela sans mobiliser les puériculteurs ne me paraîtrait pas très cohérent. Le puériculteur est un atout pour le système de santé et contre les déserts médicaux.

H. : Vous portez aussi des propositions sur l'exclusivité des actes...

C. E. : L'idée que nous portons : aller plus loin dans la compétence infirmière en valorisant celle des puériculteurs. Nous allons proposer un livre blanc de l'ANPDE qui contiendra des propositions très concrètes. Sur les actes exclusifs mais pas seulement. L'ambition est plus largement de faire évoluer l'exercice professionnel et de proposer une offre de soins de qualité pour l'enfant. L'an dernier, en étant présente à nos journées — l'un de ses premiers déplacements —, Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a rappelé l'attention portée à la santé de l'enfant. Nous lui avions alors déjà rédigé des propositions. Nous allons donc en présenter de nouvelles dans une optique de santé publique. On sent la mobilisation du Gouvernement sur ces questions. Maintenant, il faut que cela sorte en mobilisant les compétences sur le terrain. Quelles seront les modalités des annonces faites ? Nous sommes confiants mais, dans le concret, il faudra que cela se fasse avec l'ensemble des professionnels."
 

Pratique avancée et spécialités infirmières

Cécile Courrèges, directrice générale de l'offre de soins (DGOS), a indiqué que la possibilité de pratique avancée pour les spécialités infirmières interviendrait dans un second temps (lire notre interview). "Nous aurions évidemment préféré que ça se fasse plus vite", reconnaît Charles Eury. "Mais cela va finir par se mettre en place. Sur la question de la pratique avancée, nous pensons qu'il doit y avoir nécessairement une articulation avec les spécialités, ce n'est pas cohérent qu'elles soient totalement exclues. Nous aimerions aussi pouvoir envisager la poursuite du cursus. Certains puériculteurs pourraient aller plus loin dans leur activité, au sein de leur secteur professionnel, avec de la pratique avancée."

Propos recueillis par Clémence Nayrac

http://abonnes.hospimedia.fr/interviews/20180612-charles-eury-president-de-74-des-puericulteurs-hospitaliers

 

Vaccination et évolution du métier de l’infirmière puéricultrice, l’ANPDE fait des propositions

 

Communiqué de presse

Vaccination et évolution du métier de l’infirmière puéricultrice, l’ANPDE fait des propositions

Paris, le 5 décembre 2017 – Lors de la séance du 2 octobre 2017 du Haut Conseil des Professions Paramédicales, il a été proposé un arrêté modifiant la liste des personnes pouvant bénéficier de la vaccination antigrippale réalisée par un infirmier, sans prescription médicale, et hors primo-vaccination. Cette modification vise à se conformer aux recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique et aux futures modifications du calendrier vaccinal. L’ANPDE avait alors proposé pour les enfants de 0 à 6 ans que les rappels du vaccin antigrippal soient réalisés par des infirmières. Proposition qui avait reçu un avis favorable du HCPP lors de cette séance.

Si l’ANPDE soutient l’élargissement des compétences vaccinales pour l’ensemble des infirmiers, elle rappelle néanmoins que ceux-ci ne bénéficient plus de formation spécifique en pédiatrie depuis 2009, comme l’a rappelé le défenseur des droits dans son dernier rapport de novembre 2017.

Aussi, l’ANPDE a proposé pour les enfants de 0 à 6 ans atteints des pathologies en question, que les rappels du vaccin anti-grippal soient réalisés par des infirmières puéricultrices, permettant ainsi aux enfants de bénéficier de cet élargissement des compétences tout en garantissant la sécurité des soins. Cette proposition a reçu un avis favorable du HCPP lors de la séance du 2 octobre.

Cependant, l’arrêté publié le 17 novembre n’a pas tenu compte du vote du HCPP et l’amendement proposé par l’ANPDE a été supprimé, sans aucune concertation. Pour autant, le ministère a souhaité maintenir la mention « adulte ». Alors même que le ministère reconnaît de ce fait que des compétences spécifiques sont nécessaires pour vacciner des enfants de cet âge, le choix a été fait de les exclure totalement de ce texte.

Aujourd’hui, le suivi des enfants de 0 à 6 ans est déjà réalisé par les infirmières puéricultrices, notamment en services de Protection Maternelle et Infantile. Les situations rencontrées sont de plus en plus complexes et rendent difficiles l’action des professionnels de santé, notamment par manque de moyens mais aussi d’une redéfinition claire des rôles de chacun. En effet, les IPDE sont les professionnelles les plus nombreuses en PMI, comparativement aux médecins et aux sages-femmes, et réalisent la majorité des consultations infantiles sous forme de permanences ou de visites à domicile. Ces permanences, en fonction des politiques locales, sont appelées consultations de puéricultrices et jouent un rôle majeur dans le suivi des familles et la prévention chez l’enfant de 0 à 6 ans.

La formation des IPDE est aujourd’hui en réingénierie. Le nouveau programme de formation, sur 2 ans, sera bientôt effectif et permettra une montée en compétences des IPDE. Ces compétences pourront-être exploitées pour faire face aux enjeux de santé publique de demain, notamment en termes de prévention et de désertification médicale. Cette montée en compétences est en corrélation avec la proposition de l’ANPDE pour que soient réalisés les rappels de vaccin antigrippal chez les enfants de 0 à 6 ans.

L’infirmière puéricultrice en poste avancé, une solution d’avenir dans la prise en charge de l’enfants

L’infirmière puéricultrice en « poste avancé » serait une des réponses à la problématique des déserts médicaux, en tous les cas pour la santé de l’enfant. En outre, la réponse à la pénurie de médecins peut trouver une solution en orientant l’infirmière puéricultrice en poste avancé médicalisé. Cependant, l’infirmière en poste avancé nécessite un transfert encadré de l’analyse et des conclusions cliniques du médecin. Le seul outil juridique permettant de s’orienter vers cette solution pour l’infirmière puéricultrice est la pratique avancée.

En effet, la loi sur la pratique avancée permet de constituer une infirmière puéricultrice en poste avancé en première ligne médicale sous la direction d’un médecin traitant ou en soins ambulatoire d’enfant sous la direction d’un médecin spécialiste. Enfin, la formation des infirmières puéricultrices constituerait une base socle métier scientifique permettant de construire sans difficulté une formation universitaire complémentaire conforme aux dispositions législatives de la pratique avancée.

Ainsi, ce métier intermédiaire permettrait de répondre aux besoins de notre société et pallier ainsi à la problématique de la désertification médicale et seconder les médecins dans leurs missions de santé publique. L’infirmière puéricultrice aurait alors les moyens nécessaires pour être un véritable allié dans la prévention et la promotion de la santé chez l’enfant.

A propos de l’ANPDE

Créée en 1949, l’Association Nationale des Puéricultrices(teurs) Diplômé(e)s et des Etudiants (ANPDE) est l’unique association qui défend et rassemble les professionnels de la spécialité de puéricultrice. Forte de ses 2000 adhérents, elle vise à promouvoir une politique de santé ambitieuse pour les quelque 13 millions d’enfants, et à défendre leur intérêt et celui de leur famille. Elle représente les 20 000 professionnels diplômés de la spécialité et les étudiants dans les instances officielles permettant ainsi l’évolution de la profession et la reconnaissance de la plus-value de la puéricultrice. L’ANPDE contribue, en outre, au développement professionnel en organisant des formations DPC et un congrès annuel de haute valeur scientifique.

Enquête sur la qualité de vie des étudiantes puéricultrices

Communiqué de presse

La qualité de vie des étudiantes puéricultrices[1] se dégrade

Enquête sur la qualité de vie des étudiantes puéricultrices

Paris, le 4 septembre 2017 En ce jour de rentrée des classes, l’Association Nationale des Puéricultrices(-teurs) Diplômé(e)s et des Etudiants rappelle les résultats d’une enquête menée auprès des étudiantes puéricultrices et souligne les difficultés rencontrées notamment quant au financement disparate selon les régions. Réalisée durant le premier trimestre 2017 à l’initiative de l’association, cette enquête a été menée sur un panel de 519 étudiantes soit plus de 45 % des étudiantes puéricultrices. L’ANPDE souhaite à travers ce travail s’enquérir de leurs conditions de vie. Cette enquête permet ainsi de dresser un état des lieux représentatif de la situation actuelle. Elle a porté sur différents points : l’entrée en formation (diplôme initial, mode de financement…), les conditions de vie durant la formation tant au niveau personnel que professionnel et le futur des étudiantes notamment leurs souhaits suite à leurs études.

 

L’enquête

L’enquête révèle que les personnes ayant répondu à l’enquête sont relativement jeunes avec 26 ans d’âge moyen.  Toutefois, la diversité d’âge est importante et l’on note des entrées en formation à 48 ans. Enfin, 54 % des étudiantes choisissent d’entrer en formation suite à un projet professionnel précis, signe d’une véritable envie de faire cette spécialisation.

Même si la formation amenant au diplôme d’Infirmière Puéricultrice Diplômée d’Etat est ouverte aux sages-femmes, il est à noter que 100% des étudiantes puéricultrices ayant réalisé l’enquête ont un diplôme d’Infirmière Diplômée d’Etat. En outre, le mode d’entrée en formation en 2017 se fait à 50% par la poursuite des études infirmières en formation initiale. On remarque également que 26% des étudiantes se mettent en disponibilité, preuve de nouveau, de la réelle volonté de suivre la formation de spécialisation.

S’agissant du choix de l’institut de formation, celui-ci est principalement lié à la proximité géographique pour 65% alors que 11% choisissent en fonction du coût de la formation.

 

Le financement : un frein pour l’accès à la spécialisation

 

Il existe de grosses disparités selon les régions et selon les établissements sur le coût des études et sur leurs modes de financement. Le coût annuel moyen de l’année de spécialisation s’élève à 5476 euros auxquels s’ajoutent les frais annexes d’hébergement, de transports…

S’agissant des modes de financements des formations, il est à noter que 52% des étudiantes ont dû faire ap pel à leurs parents ou à la famille. Pour 41%, elles ont utilisé leurs ressources personnelles. Au

total, 42% des étudiantes n’ont eu accès à aucune aide et ont dû prendre sur des fonds individuels.

Pour 9,4%, un emprunt a été nécessaire. Quant aux financements par les employeurs, ceux-ci ne représentent que 17%. Cette faible prise en charge par l’employeur illustre la véritable difficulté pour les professionnelles d’accéder à la spécialité.

L’enquête met également en évidence une disparité sur les équipements mis à la disposition des étudiantes lors des formations. Restauration collective, équipement de formation, accès à une infirmerie, équipement sportif…

Notons également que l’encadrement par les tuteurs, l’écoute et la disponibilité des intervenants sont des points forts de la formation puisqu’il ressort un taux de « tout à fait satisfaisant » dans 67 % des cas. De même, la qualité de l’accueil en stage et les qualités pédagogiques des intervenants sont « tout à fait satisfaisantes » pour la moitié des étudiantes. Il est à noter que 88,23 % des étudiantes ont obtenu globalement les stages souhaités. A l’inverse, les points les plus négatifs sont le rythme de la scolarité avec 89 % de personnes insatisfaites ou moyennement satisfaites.

 

Conditions de vie des étudiantes

 

Alors que l’enquête a été réalisée durant le 1er trimestre, 85% des étudiantes se disent épuisées et  37% d’entre elles se disent déprimées, 30% isolées et 54% ayant des difficultés de sommeil. En effet, 76 % des étudiantes considèrent que cette impression s’est accentuée au cours de la formation. Moins de la moitié des sondées (45,5%) assurent avoir une alimentation adaptée, celle-ci pouvant également être impactée par l’absence de restauration collective. Cependant, 88% des étudiantes jugent leur état de santé supérieur ou égal à 3 sur 5.

Les études de puéricultrices sont actuellement très attractives. En effet, malgré un coût élevé et une prise en charge de la formation initiale aléatoire, le nombre d’étudiantes en poursuite de formation suite au Diplôme d’Etat d’Infirmière reste majoritaire. L’absence, à ce jour, d’actes exclusifs pour la spécialité n’encouragent pas les employeurs à financer cette formation.  Pour les étudiantes, le rythme de la scolarité est véritablement le point noir de la formation. L’infirmière puéricultrice est amenée à travailler dans de nombreux secteurs (hospitaliers et extra-hospitaliers). La formation actuelle, en un an, ne permet pas d’approfondir l’ensemble des notions indispensables à la prise en charge de l’enfant de 0 à 18 ans. Les études de puéricultrices sont donc attractives, mais doivent à présent s’adapter à l’évolution de la société en approfondissant les contenus et en permettant l’accès au grade Master.

Charles Eury – Président-  ANPDE06 46 84 81 75 Sébastien Devillers06 63 43 89 24

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