Ambulatoire

Reportage réalisé par infirmiers.com - https://bit.ly/2jhmgoK

L’activité libérale de la puéricultrice regroupe l’ensemble des exercices en ville : que ce soit en consultation au cabinet ou en visite à domicile. Nous pouvons faire apparaître 2 modes d’exercice :

  • conventionné par la caisse nationale de la Sécurité Sociale,
  • hors convention, c’est-à-dire avec un statut indépendant.

Cette activité libérale permet de proposer un service complémentaire à ce qui existe en ville.
Cette offre vient se positionner entre les services de PMI et l’hospitalisation.

1. Le statut conventionné

L’activité des professions paramédicales (auxiliaires médicaux) est régie : l’exercice en libéralest codé dans la nomenclature générale des actes professionnels (N.G.A.P.). Grâce à ces cotations, les actes effectués peuvent être tarifés et ainsi facturés au patient et aux caisses d’assurance maladie obligatoires et complémentaires.

Le diplôme d’état de la puéricultrice n’est pas répertorié, ni reconnu comme peuvent l’être les diplômes de sage-femme ou d’infirmière. Toute puéricultrice D.E. qui désirant réaliser et par là même facturer des soins dans la NGAP devra donc être déclarée auprès de l’Agence Régionale de Santé (A.R.S.) selon son activité d’auxiliaire médicale conventionnée : infirmière ou sage-femme.

Ce statut permet – sur prescription médicale – d’apporter des soins techniques aux enfants.
Les soins infirmiers du rôle propre se pratiquent dans l’objectif médical de protéger, maintenir, restaurer et promouvoir l’autonomie des fonctions vitales, physiques et psychiques. Ces actes sont de nature préventive, curative et palliative. Le médecin prescrit une démarche de soins infirmiers, puis le professionnel organise les séances de soins.

Sa complémentarité est évidente avec la puéricultrice d’un service de Protection Maternelle et Infantile (P.M.I.), car celle-ci ne peut effectuer de soins techniques, ni se déplacer quotidiennement, voire plusieurs fois par jour, 7jours/7, weekends et jours fériés compris.

En sortie de maternité, la puéricultrice peut se positionner dans l’offre de soins entre la sage-femme qui oriente ses soins vers la maman, et la PMI qui accompagne les retours à domicile sans soins techniques ou surveillances quotidiennes.

L’hospitalisation à domicile (H.A.D.) est également complémentaire, celui-ci implique des prises en soins « lourdes » ou complexes, qui nécessitent une équipe pluridisciplinaire autonome. Les prises en soins avec une équipe libérale permettent de maintenir les acteurs de santé qui connaissent l’enfant et sa famille et qui les accompagnent habituellement : médecin traitant,spécialiste, kinésithérapeute, pharmacie, etc.

En sortie d’unité d’hospitalisation (médecine, chirurgie, néonatalogie), la puéricultrice peut donc assurer les soins qui font partie de son champ de compétence.

Ces soins en ville permettent d’éviter une hospitalisation, ou d’en raccourcir le temps, et d’effectuer des soins nécessaires en favorisant le maintien de l’enfant dans son environnement familial, pour par exemple éviter les séparations mère – enfant.

Il reste maintenant à démontrer le gain économique que la création du statut de puéricultrice conventionnée pourrait apporter au système de santé en France. En effet, la prise en charge des enfants en consultation par des puéricultrices permettrait de réduire considérablement les dépenses de santé, parfois non justifiées : les consultations chez les médecins ou les passages aux urgences pédiatriques.

2. Le statut indépendant

Dans le cadre du rôle propre de la puéricultrice, les actions de prévention, d’éducation, d’accompagnement ou d’apprentissage sont très larges. La manière de pratiquer ce rôle aussi. Une puéricultrice peut offrir un service en lien avec ses compétences selon plusieurs statuts indépendants : association loi 1901, auto-entrepreneur, service à la personne dans le cadre des chèques emploi service universel, etc.

Cette pratique permet de se spécialiser, si souhaité, dans un projet précis : la parentalité, les relations intrafamiliales, le portage, l’allaitement maternel ou tout autre sujet qui concerne l’enfant et sa famille.

La mise en pratique est, elle aussi, très variée : entretien individuel ou en groupe, lieu de rencontre et d’échange, etc. La puéricultrice devient une consultante, une formatrice, une professionnelle qui apporte son regard/expérience ainsi que l’expertise et les connaissances acquises dans le milieu de la petite enfance et de la santé.

La « manière de faire » dépend du professionnel; mais ce qui reste commun dans l’exercice indépendant, c’est que la prestation est réglée directement par l’usager au professionnel, ou que le professionnel le fait de manière bénévole.

Sachant que cette activité est non réglementée, la puéricultrice met en avant son expérience, ses formations et sa communication (parutions d’articles dans les revues destinées aux parents, blog ou site Internet). De son côté, l’usager se renseignera sur l’offre de service : prix, temps, modalités de la prestation.

En conclusion, l’enjeu majeur de la puéricultrice en ville est de pouvoir répondre à la demande des familles, que ce soit pour des soins techniques ou relationnels. La répartition géographique reste un enjeu crucial car l’offre n’est pas la même sur tout le territoire national, et selon les milieux ruraux et urbains.

L’évolution et la reconnaissance de ce 4ème secteur d’activité permettrait au système de santé français de se moderniser et d’utiliser les compétences de la puéricultrice au travers des visites à domicile et des consultations de puéricultrice, comme il en existe déjà dans les hôpitaux ou services de P.M.I.

Florent BRAULT – commission ambulatoire