Des Journées d’étude des puéricultrices à envergure européenne !
Construire l’avenir : penser les soins intégrés pédiatriques en France et en Europe
Building to last : European perspectives on integrated paediatric care in the future
Un congrès centré sur les soins infirmiers pédiatriques pendant 3 jours :
Le mercredi 10 juin 2026, comptait un programme centré sur les actualités nationales pour débuter ces 51èmes JNE de l’ANPDE au Palais des Congrès d’Issy.
Les jeudi 11 et vendredi 12 juin 2026, les JNE se sont poursuivies en se fondant au 7ème Congrès européen en soins infirmiers pédiatriques, organisé par l’ANPDE et soutenu par le PNAE (Paediatric Nursing Associations of Europe), le réseau européen des associations de soins infirmiers pédiatriques.
Le temps de l’action ?
Discours d’ouverture de Peggy Alonso, présidente de l’ANPDE
Exactement là où je me trouve aujourd’hui, il y a presque neuf ans jour pour jour, se tenait Agnès Buzyn, fraîchement nommée Ministre de la Santé. Elle prononçait alors sa première intervention publique lors de notre congrès. Un signal fort. Un honneur. Un message qui semblait dire que la santé de l’enfant, la prévention, les familles et les professionnels qui les accompagnent avaient toute leur place dans les priorités de notre pays.
Plus d’une dizaine de ministres de la Santé plus tard...
Une question nous taraude toujours. Une question obsessionnelle. Une question légitime : Pourquoi en sommes-nous toujours là ?
Pourquoi devons-nous encore expliquer qui nous sommes ?
Pourquoi devons-nous encore démontrer notre utilité , ou encore que la prise en soin de l’enfant requière une expertise spécifique ?
Pourquoi devons-nous encore convaincre de l’évidence ?
Pourquoi, année après année, devons-nous encore et toujours justifier la plus-value d’une infirmière puéricultrice ?
Regardons la réalité en face.
À l’hôpital, il a fallu attendre 2023 pour que la réglementation reconnaisse enfin un seuil minimal de puéricultrices... et encore, uniquement dans les services de soins critiques pédiatriques.
Comme si l’expertise pédiatrique devenait indispensable uniquement lorsque l’enfant est en réanimation.
Comme si les enfants hospitalisés dans d’autres services avaient moins besoin de professionnels formés à leurs spécificités.
Comme si la sécurité, le développement, la relation avec les familles ou la prévention des complications pouvaient attendre que la situation devienne critique.
Et pourtant, les ratios hospitaliers sont désormais inscrits dans la loi du 29 janvier 2025.
Alors, qu’attendons-nous ?
Qu’attendons-nous pour faire de notre expertise une norme plutôt qu’une exception ?
Qu’attendons-nous pour considérer que chaque enfant mérite le même niveau d’exigence, qu’il soit en maternité, en EAJE ou en PMI ?
L’expertise pédiatrique ne doit plus être la variable d’ajustement budgétaire d’un système sous tension. Elle doit être un droit pour chaque enfant. Chaque nuit. Chaque matin. Chaque jour.
Chers collègues, chers partenaires, mesdames et messieurs, bonjour à toutes et tous.
Avant de débuter nos travaux, je tiens à remercier chaleureusement l'ensemble de nos partenaires et les associations qui cheminent à nos côtés. Votre présence ici atteste d'une conviction partagée : la santé de l'enfant ne peut plus attendre.
Je souhaite également adresser un immense merci à toutes celles et ceux qui font vivre l'ANPDE tout au long de l'année : les membres du conseil d'administration et son bureau, les délégations régionales, les commissions, le conseil scientifique et tous les bénévoles qui consacrent leur temps, leur énergie et leurs compétences au service de notre spécialité.
Merci à celles et ceux qui ont œuvré à l'organisation de ces journées. Cette édition est particulière puisqu'elle s'ouvre à l'Europe en accueillant, pour la première fois en France, le Congrès européen PNAE. Nous sommes sur le toît du monde. C'est une formidable aventure collective dont nous pouvons être fier.es.
Merci aussi à celles et ceux qui travaillent souvent dans l'ombre, loin des projecteurs mais au cœur de nos réussites. Leur engagement discret permet à notre association de grandir, d'innover et de porter toujours plus loin la voix des infirmières puéricultrices.
Enfin, merci à nos exposants et partenaires institutionnels qui nous accompagnent fidèlement et contribuent à faire de ces journées un lieu privilégié de rencontres, d'échanges et de construction pour l'avenir de la santé de l'enfant.
Car si nous sommes réunis aujourd'hui, ce n'est pas seulement pour partager des constats ou afficher de bonnes intentions. C'est parce que la santé de l'enfant mérite mieux que des promesses répétées. Elle mérite des décisions, des actes et des résultats.
Pourquoi en sommes-nous toujours là ?
Peut-être parce que nous avons progressivement confondu l'annonce avec l'action.
Peut-être parce qu'à force de plans, de stratégies, de concertations et de communications, nous avons fini par croire qu'évoquer un problème revenait à le résoudre.
Pourtant, sur le terrain, la réalité est tout autre.
Le mal de notre système est profond : nous subissons une philosophie politique de la communication, et non de l’action. Jamais nous n’avons autant parlé de prévention, des « 1 000 premiers jours », de santé mentale ou de soutien à la parentalité. Les plans succèdent aux rapports, aux Stratégies nationales, les comités succèdent aux Assises, que sais-je encore ?
Mais communiquer, ce n’est pas agir. Une affiche sur la prévention ne remplace pas une professionnelle formée. Récemment encore, face au constat alarmant de Santé publique France sur la détresse psychologique des enfants, la seule réponse fut un plan de communication pour promouvoir des consultations psy. Mais avec quels professionnels ? Pour obtenir un rendez-vous en CAMSP ou en pédopsychiatrie, il faut aujourd'hui des mois, parfois des années d'attente !
Nos gouvernants comptent les berceaux, mais ils oublient de compter les professionnelles qui leur donnent un sens. En 2022, près d’un établissement d’accueil du jeune enfant sur deux déclarait au moins un poste vacant. Près de 9 000 postes auprès des enfants étaient désertés. Alors oui, les communes sont devenues autorités organisatrices, un référent santé et accueil inclusif est obligatoire et un référentiel national de la qualité d’accueil a vu le jour. Pourquoi la qualité demeure-t-elle trop souvent une injonction supplémentaire adressée à des équipes déjà épuisées, plutôt qu’une politique fondée sur la reconnaissance, la qualification et le temps nécessaire pour bien travailler ?
Car cela ne suffit pas : un référentiel ne prend pas un enfant dans ses bras. Un protocole n’écoute pas l’angoisse d’un parent.
Parce que nous devons élargir l’offre de santé, dans un contexte de saturation des hôpitaux et des structures de soins en ville, il est aujourd’hui impératif de développer l’exercice de la puéricultrice en libéral. Pourtant, il est quasiment impossible pour les puéricultrices de s’installer, tant au niveau réglementaire que financier. Les rapports ont également démontré l’urgence de développer ce mode d’exercice, pour permettre un accès aux soins adaptés à l’enfant.
Alors, pourquoi en sommes-nous toujours là ?
En PMI, le scénario est le même. En 2019, le rapport Peyron s'alarmait déjà : « Pour sauver la PMI, agissons maintenant ! ». Sept ans plus tard, en avril 2026, nous devions encore exiger l'accélération d'un simple comité technique national ! En 2022, la loi prévoyait un rapport sous six mois sur la prise en charge par l’Assurance maladie des actes des puéricultrices en PMI. Quatre ans plus tard : rien.
Même constat dramatique en protection de l'enfance. Fin 2024, près de 393 000 jeunes étaient accompagnés par l’ASE. La CIIVISE nous rappelle ce chiffre insoutenable : 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année. Un toutes les trois minutes. La loi impose désormais une puéricultrice en pouponnière de jour comme de nuit. Très bien. Mais pourquoi attendre que la rupture soit consommée et que l’enfant soit placé pour garantir cette expertise ? Nous exigeons une puéricultrice référente dans chaque dispositif départemental, dès le plus jeune âge, pour repérer et agir avant que la situation ne bascule.
En matière de prévention, notre difficulté n’est pas de démontrer qu’il faut investir. Elle est d’accepter qu’il faut investir aujourd’hui pour nos enfants, nos adultes de demain.
On nous répond toujours que la prévention coûte trop cher. C'est une faute de vision économique et humaine. Toutes les études le prouvent : un dollar investi dans les visites à domicile par des puéricultrices économise plus de six à la majorité de l'enfant. Le problème n'est pas le coût, et le constat est affligeant : la prévention s’étale dans le temps et dépasse largement la durée d’un mandat éléctoral…. Donc pas forcement rentable pour un politicien.
La différence entre le politicien et l'homme d'Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération.
Ainsi, La prévention ne se proclame pas. Elle s’organise, elle se finance et elle s’incarne dans des professionnelles reconnues.
Notre système souffre d'une instabilité chronique. Depuis mai 2017, la France a vu défiler 10 ministres de la Santé. 10 visages en moins de 10 ans ! À chaque fois, il faut des mois pour s'installer. Et aujourd’hui, alors que les ministères s’apprêtent à entrer en période de réserve à l'approche des élections présidentielles, tout se fige à nouveau.
En attendant le prochain chef d’orchestre, les musiciens de la santé jouent une partition usée sur un instrument qui prend l’eau de toutes parts.
Notre système de santé s’effondre, et on peine à valoriser et porter les soignants qui restent. Des instances majeures – la Cour des comptes, l'HAS, l'IGAS – ont empilé les rapports alarmants. Et qu'a-t-on fait ? Des Assises de la pédiatrie pour, encore une fois, repousser le courage politique à plus tard. Et pourquoi ? Parce que l'on peine à acter la réingénierie globale de notre formation, nous obligeant sans cesse à justifier notre légitimité.
Pourtant, le vent peut tourner. La loi du 27 juin 2025 ouvre enfin la voie à une transformation profonde du métier infirmier. Nous devons capitaliser sur ce virage pour que notre système de santé intègre enfin l’enfant dans sa singularité. Car après tant d'annonces restées sans lendemain, nous ne pouvons plus nous permettre que ce virage se transforme en mirage. L’enfant n’est pas un adulte en miniature. Ses soins, sa prévention et son parcours de vie exigent une spécialité forte. Beaucoup d’espoirs se portent ainsi sur les travaux de réingénierie qui ont débutés et auxquels l’ensemble des associations représentant la profession participe.
Chers collègues, si les gouvernements ont trop souvent manqué de courage politique pour changer de paradigme, nous, nous l’avons.
Nous ne demandons plus de nouvelles déclarations d’intention. Nous exigeons le passage de l’annonce à l’action .
Soyons fier.es de notre expertise, soyons fort.es pour ceux qui n'ont pas de voix. Ensemble, faisons rayonner la spécialité de puéricultrice pour l'avenir de nos enfants.
Oui… Nous savons déjà : les besoins sont identifiés, les solutions sont connues.
Ce qui manque aujourd'hui, c'est la décision.
Stop aux rapports qui s'empilent.
Stop aux commissions qui repoussent.
Stop aux concertations qui remplacent l'action.
Place au suivi.
Place à l'évaluation.
Place aux résultats.
Parce qu'une politique publique ne se mesure pas au nombre de plans annoncés, elle se mesure à la vie réelle des enfants qu'elle protège.
Et parce qu'en matière d'enfance, le temps perdu ne se rattrape jamais, je déclare ouvertes les 51èmes Journées Nationales d'Étude de l'ANPDE et le 7ème Congrès européen PNAE.
Merci à toutes et à tous pour votre présence !
Programme
C'est avec une grande fierté que nous vous avons présenté un programme à haute valeur scientifique, pour lequel nous avons entre autres reçu de multiples professeur(e)s et docteur(e)s en soins infirmiers pédiatriques de toute l'Europe. Les conférences plénières ont été traduites en simultané.
Les congressistes ont également pu écouter de nombreuses séances parallèles et présentations de posters scientifiques, participer à des ateliers (dont simulation haute fidélité et réalité virtuelle !), flâner dans l'espace exposants ou le stand librairie, assister à des symposiums tout en déjeunant...
Et bien sûr, retrouver les bénévoles et les intervenant(e)s au cours du mythique Gala le jeudi 11 juin au soir !
Informations pédagogiques
Pré-requis
Être en situation professionnelle dans le domaine de la santé et de la famille et avoir pris connaissance au préalable du programme et des orateurs.
Chaque participant certifie sur l'honneur l'exactitude des données fournies lors de l'inscription.
L'ANPDE se réserve le droit de demander le diplôme, certificat de scolarité ou tout justificatif permettant de certifier leur lieu d'exercice et/ou profession.
Les pré-requis peuvent être évalués en amont de la formation à la demande du formateur ou conférencier.
Objectif général
Influencer le système de santé pédiatrique en :
Renforçant ses connaissances dans le domaine de la santé et du développement de l’enfant
Actualisant ses connaissances pour améliorer ses pratiques professionnelles
Analysant ses pratiques et partageant des retours d’expérience
Entretenant et élargissant son réseau professionnel.
Conférenciers - Animateurs d’ateliers
Tout professionnel ou expert intervenant dans le champ des compétences de la santé en général et de la famille : infirmières puéricultrices, médecins spécialistes ou généralistes, sage-femmes, kinésithérapeutes, infirmières, psychologues, psychomotriciennes, auxiliaires de puériculture, aides-soignantes, assistantes sociales, cadres de santé, patients experts.
Méthodes pédagogiques
Exposés théoriques et tables rondes
Séances de questions - réponses
Ressources documentaires
Ateliers participatifs au choix
Questionnaires d’évaluation des connaissances
Accessibilité aux personnes en situation de handicap (PSH)
Selon la situation de la personne, des modalités d’adaptation et de compensation peuvent être mises en place afin de suivre les conférences. L’ensemble du site est en accès PMR.
Contacts
Référent pédagogique et organisation : Charles Eury
Référente administrative et inscriptions : Estelle Ledon
Référente PSH : Stéphanie Chiffoleau
Informations pratiques
Accès
Métro : Ligne 12, station Mairie d'Issy - Sortie 1
RER : Ligne C, station Issy ville
Tramway : Line T2, station Issy-Val de Seine
Bus : Lignes 123, 169, 190, 290, 323
Vélo : Station Vélib' avenue Victor Cresson
Hébergement et restauration
Carte des hôtels, restaurants et boulangeries près du lieu du congrès ici.
Vous y trouverez également des codes pour des tarifs préférentiels dans des hôtels partenaires.
Conditions générales
Consultez nos CGV et procédure de traitement des réclamations.