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Programme Journées Nationales d'Etudes et bulletin d'inscription juin 2012

 

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RUBRIQUE Cahiers de la puericultrice 

Le 24/01/2012, dans Catégorie : INFO - ANPDE, Posté par : christophe.cassagne

L’Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiantes (ANPDE) n’a pas été consultée concernant la généralisation du projet PRADO. Ce projet vise à assurer le suivi à domicile des femmes 2 jours après leur accouchement par une sage-femme libérale. Pourtant, ce sont bien les infirmières puéricultrices qui disposent des compétences adaptées pour intervenir auprès des familles lors de consultation et/ou de visites à domicile.Lire le communiqué

 

Le 16/01/2012, dans Catégorie : INFO GENERALE, Posté par : christophe.cassagne

Le mardi 31 janvier 2011 de 19H15 à 21H30. A la crèche collective l’ « Iles aux enfants » Rue de Gembloux à Vandoeuvre-Les-Nancy. Les interventions:

-  La responsabilité professionnelle des infirmières puéricultrices : intervention de Germain Decroix, juriste de la MACSF
-  Evolution  et enjeux actuels de la profession, échange sur les travaux en cours pour la masterisation du diplôme d’infirmière puéricultrice : Thomas AUBREGE, délégué régional ANPDE Lorraine-Champagne

Le 16/01/2012, dans Catégorie : INFO - PUERICULTURE, Posté par : christophe.cassagne

Le dossier du numéro de Janvier 2012 "La visite à domicile"...découvrir au format PDF l'ensemble du sommaire en cliquant ici

Le 01/01/2012, dans Catégorie : INFO - ANPDE, Posté par : christophe.cassagne
Sébastien COLSON, président ANPDE, et l'ensemble du Conseil d'administration vous adressent leurs meilleurs vœux pour l'année 2012
Le 01/01/2012, dans Catégorie : INFO - ANPDE, Posté par : christophe.cassagne

Une journée est organisée le Vendredi 23 mars 2012 à l'Hôpital de la Timone à Marseille. En savoir plus

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http://www.infirmiers.com/

Psychiatrie - Intervenir au domicile évite la contrainte

L'équipe mobile d'intervention mise en place au centre hospitalier de Sainte-Anne à Paris sur les secteurs 3 et 4 offre une prise de contact à domicile avec les patients psychiatriques en situation de crise et permet un accès aux soins sans recours systématique à la contrainte, selon un bilan de l'activité 2011.

Psychiatrie - Quand intervenir au domicile évite le soin sous contrainteLe Dr Agathe Pérony et ses collègues du CH Sainte-Anne ont présenté ces résultats au congrès de l'Encéphale qui s'est tenu la semaine dernière à Paris. La mobilité des équipes faisait initialement partie des missions de la psychiatrie de secteur, permettant d'intervenir au domicile des patients qui ne veulent ou ne peuvent pas venir aux soins, dont la situation clinique l'imposait, expliquent-ils dans leur poster.

Il s'agit de situations fréquemment liées à une clinique spécifique (psychose paranoïaque, schizophrénie débutante ou à l'inverse très ancienne...), souvent compliquée d'un enfermement au domicile, laissant le patient sans soins et l'entourage impuissant en situation de souffrance.

"Cette pratique s'est beaucoup perdue en raison de la réduction des effectifs et en conséquence de la surcharge de travail car les visites à domicile sont chronophages", a rapporté le Dr Pérony à l'APM.

Les équipes du secteur 3 et 4 du CH Sainte-Anne, couvrant les 5ème, 6ème et 14ème arrondissements, se sont regroupées en 2010 dans le cadre d'une activité de pôle afin de dégager du temps soignant et répondre de nouveau à des situations de crise, qu'elle soit réelle ou ressentie.

Lorsqu'un signalement est fait par une famille, via le secteur, les urgences du CH ou la préfecture de police, les différents membres de l'équipe (médecins, infirmiers, cadres) se réunissent pour discuter de la situation. "Nous prenons le temps de contacter le médecin traitant et/ou le psychiatre qui suivent éventuellement le patient pour mener une enquête médicale, psychiatrique et sociale afin d'être le plus sûrs possible que l'intervention est justifiée", précise le Dr Pérony.

En 2011, 36 signalements ont été faits à l'équipe mobile, conduisant à une intervention dans 64%. "Dans certains cas, le fait que la famille dise qu'elle a pris contact avec nous suffit à débloquer la situation et le patient retourne de lui-même vers les soins".

L'intervention est réalisée avec au moins un médecin et deux infirmiers qui vont au domicile du patient.

Pour les patients signalés en 2011, une hospitalisation libre a été faite dans 26% des cas et un suivi en ambulatoire à l'hôpital ou en ville dans 35%. Finalement, une admission à la demande d'un tiers n'a été prononcée que pour 26%.

Dans 13% des cas, il s'agissait de situations où le patient n'a pu être rencontré mais qui ne nécessitaient pas d'intervention urgente. "Il est alors dit aux familles qu'elles peuvent nous joindre à tout moment", ajoute le Dr Pérony.

Ce bilan indique que l'équipe mobile d'intervention semble bien répondre à un besoin et à la mission de service public de détection des pathologies mentales, puisque les patients signalés ne sont pas connus du secteur, et d'accès aux soins, surtout sans que la contrainte soit systématique, conclut-elle, soulignant l'enthousiasme suscité par cette pratique au sein de l'équipe soignante.

"Il était difficilement acceptable de devoir répondre aux familles qu'on ne pouvait rien faire quand les patients ne veulent pas venir".

Le Dr Pérony se félicite en particulier que l'équipe mobile d'intervention puisse "inciter les patients à décider eux-mêmes de revenir vers les soins car il y a un meilleur pronostic que si on les ramène de force".

"Cette pratique semble revenir au goût du jour puisque d'autres équipes sont en cours de création au sein du CH Sainte-Anne". Sans exploser, elle peut augmenter progressivement, estime-t-elle.

Cours - Entre douleur et souffrance

La prise en charge de la douleur est devenue une priorité de santé publique. Mais qu’est-ce que la douleur ? Que peut-on dire de la souffrance ? Ces deux mots « souffrance » et « douleur » sont souvent mal utilisés par le grand public, mal informé sur le sujet. Personne ne devrait avoir mal, personne ne devrait souffrir et pourtant. Pourquoi a-t-on mal ? Quelles en sont les causes ? Existent-il plusieurs types de douleurs ? Est-il possible de rechercher la douleur comme signe de plaisir ? Enfin, au-delà des traitements médicamenteux, d’autres techniques s’avèrent thérapeutiques.

Cours - Entre douleur et souffranceHistorique

Dans le monde antique Grec, la douleur était acceptée comme nécessaire et inévitable. Chez les Romains, Alexandrie, au IIIe siècle avant JC, pratique la dissection humaine et apporte des connaissances nouvelles sur le cerveau et les nerfs. Celse, au 1er siècle après JC, indique que la douleur est un signe de maladie puisqu’elle est décrite et expliquée. C’est Galien qui découvre que la douleur est exacerbée lorsque la personne est consciente. Au Moyen âge, la société est dominée par les hommes et les religieux. C’est ainsi que la douleur est vue comme un châtiment divin. A la renaissance, Ambroise Paré pratique l’ablation, la cautérisation, l’amputation sans traitement antalgique. Au 17e siècle, Descartes parle du « membre fantôme » et affirme que la douleur est provoquée par le cerveau. Les scientifiques cherchent à soulager la douleur par l’opium. Au siècle des lumières (18e siècle), la douleur devient un signe d’alarme et est reconnue comme nuisible. L’interrogatoire du patient permet de la décrire et de l’évaluer. Au 19e siècle, le système nerveux est découvert avec la neurophysiologie de la douleur. La morphine est utilisée lors les actes chirurgicaux pendant la guerre. Au 20e siècle, le chirurgien René Leriche combat la douleur à Strasbourg, tandis qu’en 1910, les centres cérébraux de la douleur sont localisés. En 1951, l’éther est utilisé comme anesthésiant. Changement de culture, de nos jours, la prise en charge de la douleur est devenue une priorité dans les établissements de santé à travers plusieurs plans gouvernementaux spécifiques. Ainsi, la prise en charge de la douleur est inscrite dans le code de la Santé publique : « toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée » (article L1110-5).

Quelques généralités

Le mot « pain » trouve son origine du latin « poena » qui signifie : peine, douleur, punition, châtiment.

Définitions

L’IASP (International association for the study of pain) indique que la douleur est une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou encore décrite en des termes évoquant une telle lésion ». Quant à Freud, il donne à la douleur la définition suivante : « réaction à la perte d’une évidence d’exister à travers une brisure intérieure : un deuil, une séparation ou une cassure de l’unité corporelle ».

Physiopathologie de la douleur

La douleur peut être de différents types :

  • par excès de nociception est le mécanisme le plus habituel. Il est lié à l’atteinte des tissus et sa prise en charge se fait grâce aux antalgiques ;
  • la douleur neuropathique est un mécanisme plus rare lié à l’atteinte du système nerveux central ou périphérique, caractérisé par une sensation de brûlure, de coup de poignard, d’aiguille ou encore de décharge électrique. Le traitement requis est soit un antiépileptique ou un antidépresseur ;
  • la douleur psychogène existe pendant au moins 6 mois pendant lesquels, soit un examen ne découvre ni pathologie organique, ni mécanisme physiopathologique, ou soit l’examen trouve la cause mais les plaintes douloureuses sont disproportionnés par rapport aux résultats de l’examen. Lire aussi « Physiologie de la douleur »

Législation

En plus des textes de lois ci-dessous, il est important de rappeler la Charte des patients hospitalisés dont le principe 2 parle soulagement de la douleur.

  • La loi du 4 février 1995 portant diverses dispositions d’ordre social, introduit pour les établissements de santé la notion d'obligation vis à vis de la prise en charge de la douleur.
  • La circulaire du 4 février 1998 relative à l'identification des structures de lutte contre la douleur chronique rebelle. Elle informe le public de ses structures et permet à ses établissements de fonctionner en réseau notamment avec les médecins de ville.
  • Le 1er plan douleur 1998 – 2001 est une priorité de santé publique.
  • Le 2ème plan douleur 2002 – 2005 met en place un contrat d’engagement douleur. Cela concerne la douleur induite par les soins, la prévention de la douleur, la formation et la création de comité de lutte contre la douleur (CLUD)
  • La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, permet à la douleur d’être prévenue, évaluée, prise en compte et traitée,
  • Le 3ème plan douleur 2006 – 2010 concerne la prise en charge de la personne vulnérable, la formation et une meilleure utilisation du traitement et des méthodes non pharmacologique.

Entre douleur et souffrance

D’après l’auteur David Le Breton, la douleur est un concept médical et la souffrance un concept du sujet qui la ressent. La souffrance ne se mesure pas, elle est subjective. Pour d’autres, la douleur physique concerne le corps tandis que la souffrance psychique concerne l’âme ou l’esprit.

Douleur & souffrance

Lorsque que le malade est douloureux, il est important pour lui d’en trouver la cause. Pourtant, il existe différents types de douleurs, c'est-à-dire :

  • la douleur aiguë est constituée des lésions tissulaires ou inflammatoires. Sa durée dépend du temps de guérison des lésions ;
  • la douleur rebelle peut-être continue, elle ne cède pas traitement et peut devenir de plus en plus forte ;
  • la douleur chronique est lorsque le sujet se laisse envahir par sa souffrance ;
  • la douleur imaginaire est une douleur psychologique signe de souffrance.

Évaluation

L’évaluation de la douleur dépend du ressenti de chaque patient. Il existe différentes échelles, voici les plus connues :

  • l’échelle numérique (EN) permet au patient de noter sa douleur entre 0 : équivalent à une absence de douleur et 10 : signe d’une douleur insupportable ;
  • l’échelle visuelle analogique (EVA) est une réglette en plastique de 10 cm avec deux faces différentes. Celle pour le patient est composée d’une ligne droite et d’un curseur que le patient place selon sa douleur. L’autre côté est pour le soignant qui mesure la douleur grâce à la réglette ;
  • l’échelle verbale simple (EVS) se caractérise par des items : douleur absente, faible, modérée, intense ou extrêmement intense.

Lire aussi « Évaluation de la douleur »

Slogan

Les plans « douleur » ont été marqués par des slogans : « La douleur n’est pas une fatalité » ou « Zéro douleur à l’hôpital »

La recherche du sens de la douleur et de la souffrance

Pourquoi moi ?

Pour la personne qui souffre, il est important d’en connaître la cause pour éviter une souffrance supplémentaire. Même s’il est impossible de rendre supportable, une douleur, un deuil ou la fin de vie. A la question « Pourquoi moi ? », il n’y a pas de réponse et toute tentative peut entraîner culpabilité, honte, frustration, confusion et peur.

Ressenti de la douleur ?

Le ressenti de la douleur est personnel, intime, impossible à mesurer et à décrire. La personne ne peut pas transmettre son intensité et sa nature. Elle peut déprendre de la culture, de l’éducation, du sexe, de l’âge et de l’expérience douloureuse antérieure. Cette souffrance est différente d’une personne à l’autre. Certaine personne dévoile peu et dissimule sa douleur. Pour le soignant, il n’est pas possible de se fier à une attitude trop expressive, pouvant faire croire à une exagération de la douleur.

Conséquences

Les conséquences de la douleur se situent au niveau :

  • psychologique : notamment la dépression, moral, anxiété, baisse de la qualité de vie ;
  • sociale : la personne souffrante s’éloigne des autres par incompréhension ou regret de leur bonne santé. Elle touche également les loisirs ;
  • spirituelle : attention aux croyances de chacun. La religion donne différentes connotations à la douleur et à la souffrance ;.
  • physique : sommeil, augmentation sensibilité à la douleur ;
  • somatique : perte d’appétit, perte de poids.

Culture

La douleur n’est pas la même pour les deux sexes. En effet, l’homme viril ne va pas montrer sa souffrance mais la contenir pour que son entourage est une meilleure estime de lui. Les attitudes individuelles rentrent également en compte dans la douleur. Notons, que c’est l’individu et non le corps qui a mal. Selon les valeurs sociales, la classe sociale, le contexte, les conditions d’existence et l’histoire personnelle de chacun, la douleur ne sera pas vécue de la même façon. La nationalité et la religion peuvent également avoir impact. Les interactions familiales et le rôle des parents face à la douleur sont à prendre en compte car elles rappellent d’éventuelle souffrance et maladie ayant eu lieu dans l’enfance.

Les causes de douleur et de souffrance

La douleur est soit durable ou brève selon les circonstances précises. Souvent l’individu est impuissant et cela le bouleverse.

Traumatisme

Le traumatisme est un l’ensemble des troubles psychiques provoqués par une blessure ou un choc émotionnel ou physique.

Torture

La torture est un acharnement violent d’un bourreau sur une personne livrée à lui et ne pouvant se défendre. La personne torturée est soumise à l’horreur sans la moindre aide extérieure. Comme le dit le sociologue Wolfgang Sofsky « La torture n’est pas mise à mort, mais "mise à l’agonie" ». La torture est donc pire que la mort. Mais comment résister à tant de souffrance ? Le mental joue un rôle prépondérant : il permet de se préparer au pire et de garder une estime de soi rendant la vie possible. Des anges gardiens imaginaires font leurs apparitions et la mort est vécue comme une délivrance. Après un traumatisme de ce genre, les conséquences sont nombreuses, notamment :

  • psychologique : souffrance persistante, conséquences morales, sentiment de honte et de culpabilité, perte de la dignité, difficulté à investir le présent, perte d’identité ;
  • somatique : troubles fonctionnelles ;
  • social : perte de confiance aux autres rendant la verbalisation de la souffrance difficile ;
  • physique : perte de poids, trouble du sommeil.

Certains arrivent à mener le combat en militant pour les droits de l’homme et la lutte contre la torture,

Pratiques sportives

Lors des pratiques sportives, la douleur peut-être utiliser pour se dépasser et aller encore plus loin que les autres. L’entraînement permet de rendre la douleur supportable.

Blessures

Une blessure est une lésion physique ou psychique faite involontairement ou mettant en danger quelqu’un et apportant une douleur. Ce terme est à différencier de la mutilation.

Marques corporelles

Dans les marques corporelles, il y a essentiellement les tatouages et les piercings. La douleur ressentie montre que la personne est vivante. Selon les coutumes de chacun, ils peuvent avoir une connotation différente. En effet, dans certaines coutumes, les marques corporelles permettent d’écrire sa propre identité corporelle ou de montrer son appartenance à un groupe alors que pour d’autres il s’agit d’un rite. Historiquement, dans les sociétés occidentales, les personnes tatouées avaient ainsi la réputation de « dur à cuire ».

Rites

Dans certaines sociétés, il existe des rites, c'est-à-dire des cérémonies à caractère répétitif pour la population dont le but est de l’orienter vers une « force » supérieure particulière. Prenons l’exemple du rite de virilité. Il s’agit pour l’homme de supporter ou de défier la douleur par le biais d’épreuves initiatiques et ce, sous le regard de la communauté. Il ne doit ainsi montrer aucun signe de faiblesse face à la douleur.

Accouchement

L’accouchement est influencé par deux facteurs :

  • le psychisme avec les émotions, les souvenirs, les sentiments ;
  • le physique : présence des personnes, ambiance, environnement.

Du côté de l’accouchement traditionnel, la douleur est provisoire, donc supportable, faisant partie prenante de ce moment. Le cri permet d’extérioriser la peur et la douleur. La culture de chacun et la présence des proches peuvent modifier cet instant. Pour faciliter l’accouchement occidental, il existe différentes préparations à l’accouchement. On parle même « d’accouchement sans douleur », si celle-ci est contrôlée pour éviter la souffrance. Cette dernière dépend notamment du bien-être psychologique de la femme et d’une absence d’anxiété aidée par des techniques corporelles ou respiratoires. La péridurale est une technique d’anesthésie qui vise à éviter un accouchement douloureux tout en permettant une participation « active » de la parturiente qui est libre de l’accepter ou non.

La recherche de douleur et de souffrance

Certaines personnes recherchent la douleur pour exister. La douleur se transforme ainsi en jouissance.

Les pratiques sexuelles

Le sadomasochisme est l’association du sadisme et du masochisme. Le sadisme est la recherche du plaisir en faisant ou en voyant souffrir quelqu’un. Quant au masochisme, il s’agit de la recherche du plaisir par la douleur (psychologique ou physique). Le masochiste accepte les douleurs qu’il décide, les autres sont assimilées à la souffrance. Ses pratiques sexuelles sont faites de domination, de soumission et d’humiliation. A partir du moment où ces pratiques vont trop loin et que la douleur est insupportable, la souffrance prend le dessus.

La scarification

La scarification est une incision qu’une personne pratique sur elle-même, au niveau superficiel de la peau. La douleur que la personne s’impose est à la hauteur de sa détresse psychologique. Ainsi, une grande souffrance intérieure peut être extériorisée et apaisée par une atteinte physique.

L’extase

L’extase est état qui transporte la personne hors d’elle-même. Il y a une séparation de la conscience et du corps permettant une absence de douleur. L’anthropologique Gilbert Rouget indique que la transe est une « insensibilité à la douleur » puisqu’il s’agit également d’un état second.

L’organisation de la prise en charge de la douleur

Le code de la Santé publique invite les établissements de santé publics ou privés, ainsi que les établissements sociaux et médico-sociaux, à mettre en œuvre les moyens propres à prendre en charge la douleur des patients qu’ils accueillent (article L1112-4). Ainsi, les établissements de santé doivent se doter d’un comité de lutte contre la douleur (CLUD), chargé de coordonner l’action en matière de prise en charge de la douleur.

CLUD

Le Comité de lutte contre la douleur (CLUD) est un centre de réflexion et de proposition appelé à travailler en collaboration effective et permanente avec la direction de l'établissement et la CME (comité médical d’établissement) ainsi qu'avec les services cliniques, la pharmacie et les services administratifs et techniques. Les CLUD n'ont pas pour mission d'assurer directement la prise en charge de la douleur qui relève des services cliniques et des structures spécialisées de traitement de la douleur. Les responsabilités du CLUD sont :

  • de proposer, pour améliorer la prise en charge de la douleur, les orientations les mieux adaptées à la situation locale ; elles doivent figurer dans le projet d'établissement ;
  • de coordonner au niveau de l'ensemble des services toute action visant à mieux organiser la prise en charge de la douleur quels qu'en soient le type, l'origine, et le contexte ;
  • d'aider au développement de la formation continue des personnels médicaux et paramédicaux de l'établissement ;
  • de susciter le développement de plans d'amélioration de la qualité pour l'évaluation et le traitement de la douleur.

En pratique, les CLUD coordonnent les actions, recueillent les informations cliniques et les besoins de l'établissement, afin de proposer une stratégie cohérente et adaptée devant aboutir à la prise en compte effective de toutes les douleurs. Il n’assure pas sa prise en charge qui est fait par les centres de traitement et d'évaluation de la douleur (CETD).

CETD

Le Centre de traitement de la douleur (CETD) s'intègre dans une stratégie de meilleure prise en compte de la qualité de vie des malades, qui peut être altérée non seulement par la maladie mais également par les séquelles des traitements. Au sein d’un établissement de santé, les missions du CETD sont :

  • la prise en charge pluridisciplinaire de la douleur des patients ;
  • la collaboration avec les médecins généralistes et l'activité de conseil pour permettre une continuité des soins de bonne qualité au domicile ;
  • l'animation d'un comité de lutte contre la douleur (CLUD), visant à améliorer au quotidien le traitement de la douleur, en réduisant en particulier les douleurs liées aux examens ou aux gestes chirurgicaux.

La réponse des cliniciens et des soignants

La douleur est souvent multifactorielle et elle requiert une approche pluridisciplinaire tout autant que des réponses thérapeutiques adaptées à la situation individuelle de chaque patient : il n’y a pas une mais des douleurs : aiguë, chronique, nociceptive, neuropathique, idiopathique, psychogène… La prise en charge du soignant se fera donc au cas par cas car la douleur est avant tout un phénomène individuel : chacun a sa propre sensibilité à la douleur, et la tolérance est variable d’un individu à l’autre. Le traitement de la douleur tient compte de son mécanisme, de ses caractéristiques (pathologie causale, type, intensité, durée, localisation), des données psychologiques et sociales du patient, des pathologies associées et de leurs traitements, et des prescriptions en cours.
Les réponses thérapeutiques sont variées selon l’origine et la nature de la douleur.

Les traitements médicamenteux

Les antalgiques ont été classés en trois niveaux par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) : le niveau 1 est constitué des antalgiques non morphiniques (paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens) et sont utilisés pour les douleurs d’intensité faible à modérée ; le niveau 2 regroupe les opioïdes faibles (codéine par exemple). Ils sont utilisés pour les douleurs d’intensité modérée à sévère, ou lorsque les antalgiques de niveau 1 n’ont pas été efficaces pour soulager la douleur ; le niveau 3 est constitué des opioïdes forts (morphine par exemple). Ces médicaments sont utilisés pour les douleurs intenses, ou lorsque les antalgiques de niveau 2 n’ont pas été efficaces pour soulager la douleur.

Les autres réponses thérapeutiques

De nombreuses méthodes non-médicamenteuses peuvent aussi permettre de soulager la douleur, en particulier lorsqu’elle est chronique :

  • les traitements physiques. Ils comprennent la kinésithérapie, les massages, la physiothérapie (application de chaud, de froid, ou de courant électrique), la balnothérapie, la rééducation posturale et gestuelle… ;
  • les traitements chirurgicaux. Ils comportent les traitements anesthésiologiques, les blocs anesthésiques et l’implantation de matériel de stimulation et de morphinothérapie ;
  • la neurostimulation. C’est une technique consistant à appliquer sur la zone douloureuse un courant électrique de faible intensité, qui fait ressentir à la personne une sensation non douloureuse. Cette stimulation tactile superficielle ferme en effet la porte à la transmission de la douleur ;
  • l’hypnose. Elle permet d’atténuer la sensation douloureuse en modifiant la perception que le patient a du monde extérieur. L’hypnose ne connaît pas de définition type, il en existe plusieurs. Mais E. Rossi a écrit « … l’état d’hypnose était essentiellement un état de concentration mentale, durant lequel les facultés de l’esprit du patient étaient tellement accaparées par une seule idée ou par un train de pensée que, pour le moment, il devenait mort ou indifférent à toute autre considération ou influence. » Milton Erickson a pris conscience des propres ressources de chacun pour mieux affronter les difficultés ;
  • les technique de relaxation : le yoga est une discipline spirituelle d’origine indienne qui permet la maîtrise du corps et le développement du psychisme. Il utilise les émotions, l’esprit et le corps.
  • La méditation est une technique mentale visant à détendre l’esprit et à se séparer de l’anxiété et du stress. La sophrologie est une méthode psy-corporelle qui utilise les propres ressources de l’individu pour équilibrer le corps et l’esprit. D’après Caycedo, fondateur de la sophrologie, « c’est une science de la conscience admettant une nouvelle possibilité existentielle pour l’être humain ».
  • Le qi gong est une discipline chinoise utilisant l’énergie pour l’épanouissement personnel et le bien-être grâce à la santé ainsi qu’à la collaboration du corps et de l’esprit. L’acupuncture, méthode chinoise, utilise les flux d’énergies et les douze méridiens équivalents à des organes. Les aiguilles sont placées sur un des méridiens pour agir sur l’organe adéquat.
  • l’art thérapie utilise le potentiel artistique de chacun dans une visée thérapeutique. Cela peut être la musique, l’art plastique, la danse, le conte ou encore le rire.

Bibliographie

  • Aubert Dominique, Esposito Richard, Gautier Pascal, Santerre Bernard. Sophrologie lexique des concepts, techniques et champs d’applications. Elsevier-Masson. Issy-les-Moulineaux : septembre 2010, p. 200.
  • Le Breton David, Expériences de la douleur : Entre destruction et renaissance. Éditeur Métailié. Paris : février 2010, p. 262.
  • Malarewicz Jacques-Antoine, Godin Jean, Milton H. Erickson de l’hypnose clinique à la psychothérapie stratégique. ESF Éditeur. Issy-les-Moulineaux : 1986, p. 156.
  • Rey Roseline. Historique de la douleur. Éditeur : la découverte (Collection : historique des Sciences). Paris : 1er novembre 1993, p 414.

Webographie

Julie HUBERT
Rédactrice Infirmiers.com
julie.hubert@infirmiers.com

Ordre infirmier - L'heure de la «restauration»

Ce 26 janvier était une date clé : l'Ordre national des Infirmiers (ONI) invitait la presse pour une session de travail intitulée « Actualités ordinales », l'occasion de faire le point de vive voix - et surtout en présence du président de l'Ordre, Didier Borniche, et d'une partie de son bureau - sur l'état actuel de la structure ordinale et de ses perspectives envisagées comme étant « des voies d'avenir ». Explications.

ordre des infirmiers vers sa restauration Il est vrai que depuis août 2011, date à laquelle Didier Borniche avait pris la présidence de l'ONI, peu de communication avait filtré de la rue Sainte-Anne, son siège parisien. Affaires, faillite, démissions, prise de position des « pro-ordre », attaques en règle des « anti-ordre », plan de restructuration, soutien financier, appel au boycott, action en justice... on avait jusqu'alors pris l'habitude d'entendre parler de l'ONI par communiqués de presse interposés. Il était donc temps que cela s'arrête...
Didier Borniche l'a rappelé en préambule de son intervention, « cet Ordre ne m'appartient pas, il appartient à notre profession toute entière. La structure ordinale a subi bien des tempêtes desquelles il est difficile de sortir sans dommages. Je ne suis cependant pas un homme du passé et les règlements de compte personnels ne m'intéressent pas. De fait, je préfère parier sur l'avenir en œuvrant avec énergie pour restaurer un climat plus serein, et de confiance, avec l'ensemble des professionnels mais aussi les syndicats, les associations, les tutelles et les différentes institutions qui sont aussi nos partenaires ».

Restaurer, le mot n'est pas neutre quand on sait en effet ce qu'il signifie : réparer, remettre en état de marche, en vigueur, en honneur, reconstruire, rénover, rétablir un état de référence... Un véritable chantier ! Oui, Didier Borniche a rappelé que l'ONI a échappé de justesse à la mort clinique, à deux doigts de la cessation de paiement à l'été 2011, et que, contre vents et marées, le bureau national a dû prendre des décisions drastiques afin de rétablir une « relation de confiance avec ses partenaires financiers en signant un accord amiable de conciliation homologué par le tribunal de grande instance qui y a vu les orientations propices au redressement financier de l'institution »  Et de préciser que l'Ordre, bien que contraint de se restructurer sur ses deux postes de dépenses les plus onéreux - les locations immobilières (passant de 124 sites initiaux - départements, région, national - à 23 structures en région) et les rémunérations du personnel (passant de 156 ETP à 42) - « n'a modifié en rien les missions des trois conseils : départementaux, régionaux et national qui demeurent à l'identique ». Ce plan est garant de la pérennité de l'ONI et comme l'a expliqué Jean-Yves Garnier, son trésorier, « le retour à l'équilibre financier, sur la base du nombre de cotisants au 25 janvier 2012 (110 000  inscrits au 25 janvier 2012 et 90 020 cotisants), est acté pour la fin du mois d'avril 2012. Le découvert bancaire antérieur – près de 8 millions d'euros – reconverti en crédit et une nouvelle ligne de 3 millions et demi accordée par le groupe BPCE (Banque populaire - Caisse d'épargne), le tout à amortir sur 7 ans, nous permet de rebondir et d'envisager notre viabilité à terme ». Didier Borniche a rappelé en effet que l'Ordre ne peut pas vivre sans moyens et que seules les cotisations (fixée à 30 euros pour les infirmiers salariés et à 75 euros pour les infirmiers libéraux) le permettent. Il a également souligné que cette presque faillite de l'ONI a conduit à une perte humaine très importante et que l'une des préoccupations majeures de la « reprise en mains » par le bureau national était de sauver « un maximum d'emplois ». Les deux tiers des salariés licenciés pourront bénéficier du contrat de sécurisation professionnel s'ils le souhaitent.

Cet état des lieux fait, Didier Borniche a souligné avec force que « l'Ordre est une chance pour fédérer l'ensemble des énergies et travailler tous ensemble à l'unification, la valorisation et l'autonomie de la profession et qu'en la matière le ménage à trois - syndicats, associations professionnelles, ONI - est possible et, au-delà, souhaitable ». « Pourquoi s'opposer lorsque l'on peut tous œuvrer au service d'une même cause, sans concurrence et en bonne intelligence ? ». Dans l'absolu cela est vrai, mais la réalité du terrain nous propose souvent un autre éclairage de cette belle collaboration voulue et espérée par l'ONI, avec une profession « éclatée » et souvent peu engagée pour faire évoluer son statut et la reconnaissance qui va avec... Les missions de la structure ordinale ont donc été rappelé et comme Didier Borniche l'a expliqué : « si l'Ordre n'a pas su, pas pu, convaincre la majorité des infirmiers à s'inscrire et à cotiser, il met en œuvre aujourd'hui une stratégie d'actions vers les infirmiers inscrits et non cotisants, les non inscrits et les nouveaux entrants dans la profession. Outre ses missions régaliennes (inscription, suspension pour état pathologique, discipline, contrôle des liens avec l'industrie pharmaceutique, contrôle des contrats d'exercice...), l'ONI propose aux infirmières conseil et assistance juridique personnalisée, une aide à la mobilité professionnelle internationale et s'engage dans la simplification des démarches administratives d'inscription au tableau de l'Ordre ». Et de rappeler que dans quelques temps, il sera possible de procéder à des inscriptions en ligne, une façon de simplifier les procédures. Le président de l'ONI a également insisté sur le fait qu'après les épreuves pour la survie qui ont nécessité beaucoup d'énergie, l'heure est maintenant au retour aux affaires professionnelles. « Le rôle clé que joue l'infirmier au cœur du système de santé questionne sa déontologie, le projet de code de déontologie proposé en mars 2010 va donc être revu à la lumière des évolutions de la loi HSTP, de la télémédecine, de l'éducation thérapeutique, du développement des prestations de santé à domicile... autant de questions cruciales sur lesquelles l'ONI doit donner un avis et apporter appui et expertise ». De la même façon, la question du droit de prescription des infirmières, mise en perspective par le rapport du Centre d'analyse stratégique (CAS) en décembre dernier, est d'actualité et l'ONI a relancé les parlementaires à ce sujet arguant « que le temps est venu d'engager une mise à jour et une évolution du droit de prescription des infirmiers afin de mieux répondre aux défis sanitaires actuels par la reconnaissance juridique des nouvelles compétences acquises par la profession infirmière ».

Rappelant que « l'Ordre n'a de sens que si tous les membres de la profession qu'il représente y ont adhéré, l'incomplète adhésion des infirmiers posant un problème sérieux d'égalité devant la loi », Didier Borniche a été invité à définir la stratégie de l'ONI pour poursuive la montée en charge des inscrits et cotisants. « Nous avons observé, malgré les épisodes peu glorieux de l'ONI, une poursuite des inscriptions et même une augmentation de 20 % en un an. Nous pensons, qu'à ce rythme, dans 7 ans, nous pourrions compter quelques 250 000 inscrits et cotisants, soit quasiment la moitié des professionnels en exercice ». Chacun est donc appelé à prendre ses responsabilités au regard de la loi. Le président de l'ONI, dans un saut de côté, a souligné « le flou artistique » actuel au sujet des chiffres concernant la démographie des infirmiers, insistant sur le fait qu'aujourd'hui nul ne sait exactement combien ils sont réellement : les données des uns et des autres (fichier ADELI, chiffres des CPAM, enquêtes de la Drees...) n'étant pas concordantes. entre eux
Dans cet esprit, Didier Borniche a rappelé l'entrée prochaine des infirmiers dans le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) qui a notamment pour objectif de permettre un recensement fiable et exhaustif des professionnels de santé, en remplacement de l’actuel répertoire ADELI (décret du 27 septembre 2010). L’ONI sera ainsi la principale source de données du RPPS pour tous les infirmiers (sauf ceux des Armées), et l’alimentation de ce nouveau répertoire exigera une rigueur sans faille dans les informations collectées et leur mise en forme. Lorsque le RPPS aura définitivement remplacé ADELI, le conseil départemental de l’Ordre deviendra le « guichet unique » pour les démarches que les infirmiers doivent faire aujourd’hui parallèlement auprès de la délégation départementale de l’ARS et du CDOI.

Comme on le voit, l'ONI aura besoin de beaucoup d'énergie et surtout des encouragements de l'ensemble de la profession pour mener à bien toutes ses missions et les nouveaux projets qui nourrissent son action. Les échéances politiques à venir ne semblent pas impacter sur l'optimisme de Didier Borniche qui rappelle que « les élus ordinaux sont là pour mener leurs missions, sereinement et dans le respect de la démocratie ». De nouvelles élections ordinales seront organisées en 2013. L'ensemble des inscrits au tableau de l'Ordre sera appelé à voter. Elles commenceront par la désignation des conseillers départementaux (avril 2013), puis des conseillers régionaux (juillet 2013) pour enfin l'élection du bureau national en fin d'année. D'ici là, que se passera-t-il ? Nul ne le sait vraiment... « Laissons du temps au temps, progressons pas à pas, restaurons la nécessité d'une structure ordinale forte, travaillons ensemble et sans animosité, afin de construire notre avenir professionnel et réaffirmer, concrètement, la place et le rôle essentiel de l'infirmier dans le paysage sanitaire » ; une conclusion en forme de vœux pour 2012.
Le 20 mars 2012, c'est encore rue Sainte-Anne qu'aura lieu le Conseil national de l'ONI avec au programme, entre autres, le vote du budget prévisionnel pour l'exercice 2012-2013... Dernier détail, le siège de l'ONI devrait, à court terme, et dans la logique du plan de restructuration, trouver lui aussi sa place dans des locaux plus modestes et moins onéreux.

Bernadette FABREGAS
rédactrice en chef IZEOS
bernadette.fabregas@izeos.com









CDCLIK-Enfance : premier e-magazine gratuit sur la santé des enfants


Dès le plus jeune âge, les conseils sur l’hygiène de vie, la diététique et les mesures de prévention à l'attention des parents peuvent améliorer la santé du jeune enfant. CDCLIK-Enfance, toute jeune revue en ligne, s'inscrit dans cette logique.

Couverture CDCLIK EnfancePrévenir, conseiller, informer les parents est apparu comme une mission indispensable à Christophe Cassagne, infirmier puériculteur et à Anh Tuan Duong, médecin.

C'est ainsi qu'ils ont créé en novembre 2011 CDCLIK-Enfance, premier e-magazine parental gratuit, consacré à la santé des enfants de moins de 10 ans.

Entourés d'une équipe enthousiaste de professionnels de l’enfance issus du monde médical, médico-social, éducatif et associatif, CDCLIK-Enfance, nouveau support numérique, permet d'un simple clic d'accéder à une mine d'informations et de conseils en tout genre pour comprendre, élever et éveiller votre enfant.

Des thèmes novateurs et proches des préoccupations parentales, des auteurs reconnus, experts dans leur domaine, de la proximité et de l’interactivité pour être plus proche du quotidien sont les ingrédients du succès de ce nouveau venu.

Au sommaire du dernier numéro, le 2e, paru le 16 janvier dernier, riche de quelques 64 pages, on trouve notamment un sujet CDCLIK-Enfance : premier e-magazine gratuit sur la santé des enfantssur comment prévenir la gastro-entérite, sur la gestion des brûlures, un article sur l’acquisition du langage, une réflexion sur l'arrivée des premières dents, des présentations de jeux et de lectures pour l’éveil de l’enfant et des reportages vidéo réalisés par Valéria Lumbroso, journaliste et réalisatrice de documentaires pour la télévision.

Par son contenu validé et ses fonctionnalités novatrices, CDCLIK-Enfance apparaît donc comme un pionnier dans le paysage de la presse parentale : la lecture est simple et rapide via PC - Mac - Smartphone et Tablette numérique au format E-book ou PDF selon les habitudes de chacun. Les articles proposent des liens interactifs vers des sites institutionnels, des annonceurs ou des vidéos. Chaque numéro de CDCLIK-Enfance, à paraître gratuitement tous les deux mois, est consultable directement en ligne et/ou en téléchargement sur www.cdclik-enfance.info. Sans oublier « l’Actu enfance et famille » au jour le jour diffusée sur sa page d’accueil.

La santé des enfants en un clic

CDCLIK-Enfance, une nouveauté qui se regarde et se partage entre lecteurs sans limite.

La meilleure façon de le vérifier est d'y accéder de suite ! (E-Book 2e numéro)

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Bernadette FABREGAS
Rédactrice en chef IZEOS
bernadette.fabregas@izeos.com

Question juridique du mois – Plan de formation, établissement de...


Sur le forum juridique, un infirmier s'interroge sur la nouvelle obligation de développement professionnel continu (DPC) pour le professionnel de santé. Un juriste du Sou Médical (groupe MACSF) y répond.

La question était la suivante : « Les formations inscrites dans le plan de formation annuel d'un établissement de santé rentrent-elle dans le cadre du développement professionnel continu (DPC) ? Chaque professionnel de santé est donc dorénavant soumis à l'obligation de DPC. L'absence de mise en œuvre de ce plan pour raison de service pour t-elle justifier une sanction type insuffisance professionnelle ? »

Interrogation sur la nouvelle obligation de développement professionnel continuVoici la réponse du juriste du SOU Médical - MACSF :

Effectivement, les formations inscrites dans le plan de formation annuel d’un établissement de santé peuvent parfaitement rentrer dans le cadre du DPC. Des précisions quant aux critères que doivent remplir ces formations, sont apportées par l’article R4382-3 du Code de la santé Publique.

Cet article souligne précisément qu’un auxiliaire médical est réputé avoir satisfait à son obligation de développement professionnel continu si, au cours de l’année civile écoulée, il a suivi une action de formation professionnelle continue répondant à la définition et aux conditions du développement professionnel continu définies à l’article R 4382-2 (c'est-à-dire s’inscrivant dans un programme conforme à une orientation nationale ou à une orientation régionale de développement professionnel continu, comportant une des méthodes et des modalités validées par la Haute Autorité de Santé après avis de la commission scientifique du Haut Conseil des professions paramédicales et mis en œuvre par un organisme de développement professionnel continu enregistré) et prévue par les articles 1, 18 et 25 du décret 2008-824 du 21 août 2008 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des agents de la fonction publique hospitalière.

En tout état de cause, il est souligné que le développement professionnel continu « constitue une obligation individuelle qui s’inscrit dans une démarche permanente » (article R4382-1 du Code de la Santé Publique). Le contrôle du respect de cette obligation est double puisqu’il concerne à la fois le conseil de l’Ordre dont relève l’auxiliaire médical et son employeur – lorsqu’il est salarié d’un établissement privé ou public.

  • Pour ce qui est du conseil de l'Ordre, il est prévu qu’il s'assure, au moins une fois tous les cinq ans, sur la base des attestations transmises par les organismes de développement professionnel continu ou du diplôme obtenu (et évalué favorablement par la commission scientifique du haut conseil des professions paramédicales en tant que programme de développement professionnel continu), que les auxiliaires médicaux relevant de sa compétence ont satisfait à leur obligation annuelle de développement professionnel continu.

« Si l'obligation individuelle de développement professionnel continu n'est pas satisfaite, le conseil compétent de l'Ordre demande à l'auxiliaire médical libéral concerné les motifs du non-respect de cette obligation. Au vu des éléments de réponse communiqués, le conseil compétent de l'Ordre apprécie la nécessité de mettre en place un plan annuel personnalisé de développement professionnel continu, et notifie à l'intéressé qu'il devra suivre ce plan. L'absence de mise en œuvre de ce plan par l'auxiliaire médical libéral est susceptible de constituer un cas d'insuffisance professionnelle au sens de l'article L4311-16 du code de la santé publique pour les infirmiers libéraux, de l'article L4321-10 pour les masseurs-kinésithérapeutes libéraux, de l’article L4322-2 pour les pédicures-podologues libéraux » (article R4382-13 du Code de la santé Publique).

Vous noterez que la possibilité pour le conseil de l’Ordre de se prononcer sur l’insuffisance professionnelle d’un auxiliaire médical ne concerne, dans cette hypothèse, que les libéraux.

  • Pour ce qui est des agents publics ou salariés d’établissements privés leur situation est traitée par l’article R 4382-15 :

« Pour les aides-soignants, les auxiliaires de puériculture et les auxiliaires médicaux fonctionnaires ou salariés, l'employeur s'assure du respect de leur obligation annuelle de développement professionnel continu. Si cette obligation n'est pas satisfaite, l'employeur invite l'auxiliaire médical intéressé à exposer les motifs du non-respect de cette obligation. L'employeur apprécie, au vu des éléments de réponse communiqués, s'il y a lieu de prendre une sanction ».

Il n’est donc pas prévu de sanction automatique mais un examen au cas par cas de chaque situation, étant entendu que les employeurs ont eux aussi conscience des contraintes induites par la nécessité de conjuguer obligations de service et formation professionnelle.

Juriste Sou Médical - Groupe MACSF
"Attention, la réponse ci-jointe correspond à une analyse de la situation à la date de ce jour et ne peut préjuger d'éventuelles modifications législatives ou réglementaires."

Pour suivre le forum juridique, c'est par ici

Juriste Sou Médical
Groupe MACSF
http://www.macsf.fr

Respecter les défunts séropositifs

Le ministre du travail, de l'emploi et de la santé, Xavier Bertrand, a fait part, le 24 janvier 2012, lors de la présentation de ses vœux à la presse, de sa volonté d'agir avant les prochaines échéances électorales sur les soins funéraires des personnes qui sont décédées alors qu'elles étaient contaminées par le VIH, le VHB ou le VHC.

Xavier Bertrand veut agir sur les soins funéraires des séropositifsCette question est revenue sur le devant de la scène au début du mois de janvier à la suite d'une campagne des associations de lutte contre le sida qui ont contesté l'interdiction des soins de conservation auprès des personnes VIH+ décédées.

La direction générale de la santé (DGS) a annoncé la création d'un groupe de travail sur la question.

Xavier Bertrand s'est donc engagé à "faire évoluer très vite et dans les semaines qui viennent les dispositions qui concernent les soins funéraires des victimes du sida comme des victimes des hépatites. Je le ferai". "J'entends bien toutes les questions qui sont posées, les garanties qui sont demandées. Mais je pense que c'est un problème essentiel au nom du respect des défunts", a-t-il poursuivi.

Le ministre a rapidement évoqué la question de l'accès des homosexuels au don du sang, pour lesquels il est actuellement interdit. "La situation actuelle ne me donne pas satisfaction", a-t-il déclaré, exprimant son souhait d'agir sur le sujet tout en reconnaissant qu'"il n'est pas facile" et qu'"il y a des dispositions européennes" susceptibles de l'empêcher d'agir vite.

Abécédaire caustique à l'usage des infirmières...


Cet abécédaire arrivé spontanément à la rédaction d'infirmiers.com nous a réjouis ! Fruit de l'imagination florissante d'un infirmier qui se dit « fatigué, mais on va quand même s'en sortir », c'est un inventaire à la Prévert comme on les aime avec un zeste de réalisme, une pincée d'ironie, une once de causticité... Didier Morisot nous offre son abécédaire personnel de l'hôpital et on lui dit M.E.R.C.I. !

A - ANESTHÉSIE. Un centre hospitalier pratique quatre types d’anesthésie. Dans un premier groupe, nous trouvons l’anesthésie locale pour les petites interventions, l’anesthésie locorégionale lorsque l’on veut insensibiliser un membre ou la partie inférieure du corps et l’anesthésie générale dans les opérations classiques. Les effets secondaires inhérents à ces pratiques médicales sont bien identifiés : allergie éventuelle, réveil difficile, nausées, asthénie, céphalées… Le deuxième groupe est constitué d’une seule technique, en pleine expansion, l’anesthésie administrative. Elle consiste à endormir le personnel avec un management approprié. L’encadrement utilise des méthodes diverses, mais très éprouvées : promesse de titularisation, groupe de travail où l’heureux participant se sent valorisé, système de notation en lien avec une prime de service, recueil d’informations sur les collègues par le biais d’agents en quête de promotion… Ce système, qui emprunte beaucoup au monde de la politique, occasionne cependant de nombreux effets secondaires : aigreurs d’estomac, soupe à la grimace, absentéisme, mouvements sociaux…

B - BRANCARD. Sorte de lit à roulettes servant au transport d’un patient, ou lui permettant de se reposer entre deux examens. On s’est aperçu que, pour un individu donné, le temps passé dessus est inversement proportionnel au statut social de l’intéressé. S’il est de plus en plus long pour le commun des mortels, il est bizarrement très réduit dans certaines cliniques privées. L’hôpital du Val de Grâce, pourtant établissement public, fait lui aussi exception, de façon inexplicable... Les personnalités (politiques, entre autres) qui y sont soignées, n’attendent jamais dessus (une après-midi entière) qu’un médecin soit disponible pour les ausculter.

C - CONCERTATION. Élément essentiel de la démocratie participative dans nombre d’entreprises, l’hôpital public ne faisant pas exception. Cette concertation offre au personnel l’occasion de donner son avis au sein des groupes de travail chargés de monter des projets ou de résoudre certains problèmes. Ainsi, lors de la construction, ou de la rénovation d’un service, l’avis des infirmières ou des aides-soignantes est primordial. Elles peuvent influencer le débat et choisir, par exemple, la décoration murale de certaines pièces. Je veux parler des toilettes, bien sûr, pas du hall d’accueil…

D - DÉAMBULATEUR. Pièce maîtresse de la prochaine réforme des retraites à l’hôpital. Afin d’allonger la durée d’activité du personnel soignant en accompagnant le déclin de son potentiel physique, toute personne qui en fera la demande se verra offrir un déambulateur afin de la soutenir dans son effort. Les plus fatiguées se verront attribuer un fauteuil roulant.

E - ÉCRITS INFIRMIERS. Partie administrative du métier. Les écrits infirmiers (transmissions ciblées, rapports d’activités, recueils d’informations…) sont en progression constante. Développés dans un souci de rigueur et d’efficacité, ils sont censés également réduire les temps de consigne orale entre professionnels. Bonjour la convivialité… En fait, ils participent activement à la dissolution des vocations infirmières (voir lettre W) en dénaturant la nature de la profession. Ils font par ailleurs la joie d’un nombre croissant d’avocats, formés à l’école anglo-saxonne.

F - FORMATION PERMANENTE. A l’hôpital, les finances allouées à ce secteur d’activité présentent la même dynamique que la calotte polaire... elles fondent à vue d’œil. Mais, contrairement à cette dernière qui subit les conséquences du réchauffement climatique, la formation permanente souffre d’un phénomène inverse, à savoir le gel des crédits.

G - GROSSESSE. Heureux événement en perspective, pour le commun des mortels. Cependant, il représente un réel problème dans certains milieux professionnels.  Lorsqu’il concerne une infirmière, une aide-soignante… c’est un gros mot à ne pas prononcer devant un cadre hospitalier, et encore moins en présence d’un DRH. La grossesse est au planning infirmier ce que la bombe atomique est à Hiroshima ! (un peu fort, je l'admets...).

H - HÉRISSON. Avec l’oursin, le hérisson est la mascotte du ministère de la santé. Par l’intermédiaire de l’Agence Régionale d’Hospitalisation, celui-ci place ces charmants animaux dans la poche des directeurs d’hôpitaux. De cette manière, l’accès à leur porte-monnaie se fait très difficilement.

I - INFORMATIQUE. Outil extrêmement précieux dans le traitement des urgences, mais très bête s’il est utilisé tel quel. Lors du crash du mont Saint-Odile en 1992, les secours (guidés par satellite) sont ainsi arrivés sur les lieux du drame après les journalistes (renseignés par les gens du cru). Dans un autre domaine, chacun se souvient de la canicule de 2003 et de l’Institut de veille sanitaire, sans réactions particulières. Les préposés de garde, dans leurs pièces climatisées, ne se sont rendus compte de rien. Les ordinateurs étaient en effet programmés afin de signaler une épidémie de variole, un tremblement de terre, le débarquement des martiens… mais pas pour dire qu’il faisait chaud dehors… L’informatique est très utile pour l’infirmière qui peut ainsi se détendre face à un écran (merci Infirmiers.com!) après qu’elle se soit battue avec les paperasses habituelles...

J - JAUNISSE. Pathologie particulièrement répandue chez les DRH hospitaliers, surtout lorsqu’on prononce certains gros mots devant eux (se référer à la lettre G).

K- KLEENEX. Objet très utilisé chez les infirmières après l’annonce d’une grossesse dans une équipe soignante (se référer toujours à la lettre G).

L - LANCE - PIERRES. Ustensile avec lequel de nombreuses personnes sont rémunérées dans le monde de la santé (personnel auxiliaire, médecins étrangers, infirmières en clinique…).

M - MÉDECINS. Catégorie professionnelle en voie de raréfaction depuis une ou deux décennies. Cette population se maintient toutefois dans quelques milieux ; région parisienne, midi méditerranéen, métropoles régionales… ou certaines cliniques privées. L’hôpital du Val de Grâce qui, pourtant, est un établissement public, échappe de façon inexplicable à ce phénomène national. Cette exception culturelle a déjà été évoquée à la lettre B. Des contacts sont pris avec la République populaire de Chine afin de profiter de son savoir-faire en matière d’espèces protégées. Sa connaissance du panda (toujours au bord de l’extinction) et son programme de reproduction en captivité, seraient une aide précieuse afin de redresser la démographie médicale française.

N - NOTATION. Outil administratif permettant à l’hôpital de porter un jugement sur son personnel. Cet archaïsme (annuel) peut osciller entre le paternalisme bon enfant et l’investigation malsaine, selon la personnalité de l’encadrement. Les limites du système sont atteintes lorsque l’agent concerné obtient la note maximale. Comme il n’a pas toujours le tact de s’effacer à ce moment-là (démission, départ en retraite, décès…), l’administration sort de son chapeau des histoires de classe supérieure ou d’échelon exceptionnel afin de le faire patienter sans qu’il s’énerve trop.

O - ORDRE INFIRMIER. Invention politique participant à l’anesthésie administrative (lettre A). Lorsqu’un corps de métier, ou une catégorie sociale, rencontre certains problèmes, les gouvernements concernés essayent de trouver des solutions. En France, on préfère créer des groupes de réflexion, des associations de professionnels… afin de faire semblant d’être efficace. L’observatoire des prisons, la commission d’études sur le fret ferroviaire, les rapports ministériels sur la réforme de l’éducation… offrant un bel exemple d’immobilisme décisionnel.
L’Ordre infirmier relève donc de cette même logique... peu question de rechercher les causes réelles de la dégradation des conditions de travail, mais plutôt de noyer le poisson en faisant croire aux professionnels qu’ils prennent leur destin en main.

P - PRÉVISIONS (du ministère de la santé). Les dysfonctionnements de plus en plus criants de notre système de santé semblent avoir trouvé une explication.  Apparemment, les pouvoirs publics n’ont pas imaginé qu’un certain nombre de français était dans une dynamique de vieillissement et que cela pouvait avoir un impact en terme de consommation médicale. Ils n’ont pas anticipé, non plus, une pénurie de médecins prévisible depuis au moins deux décennies. Et ne parlons pas des fermetures d’IFSI… En fait, il semblerait que les notions de démographie et de statistiques ne soient pas au programme des étudiants de l’École Nationale d’Administration. Il est question de réintroduire ces matières au sein de la prestigieuse école, en proposant aux sujets les plus en difficulté un soutien en mathématiques élémentaires (additions, multiplications…).

Q - « QUI PEUT FAIRE LE WEEK-END ? ». Interrogation hospitalière souvent liée à une explosion de planning. Bizarrement, cette question récurrente devient de moins en  moins amusante après quelques années de pratique.

R - RAPPORT (ADMINISTRATIF). Le rapport administratif est un élément essentiel du système hospitalier. Il peut prendre différentes formes ; ainsi, en cas de dysfonctionnement dans un service de soins (emploi d’une tronçonneuse sur un patient ayant pris racine en salle d’attente, sondage gastrique ne recueillant que 20% d’opinions favorables, chambre inondée suite à une erreur de dosage dans l’administration d’un diurétique…), l’infirmière est tenue de rédiger un rapport afin d’expliquer les raisons du problème. La rédaction d’un tel document n’est pas sans conséquences pour l’intéressée. Si l’administration dégage sa propre responsabilité, l’infirmière pourra être mise en cause pénalement. Il est amusant de noter que, parfois, le rapport administratif se rapproche beaucoup du rapport sexuel. Dans ces deux contextes, en effet, on se fait b... à coup sûr…

S - SOINS PALLIATIFS. Ces soins sont destinés à des personnes qui s’éloignent du monde des vivants. Dans leur cas, il s’agit d’un accompagnement discret permettant de réduire la souffrance, de rendre le quotidien supportable, et d’apporter, si possible, un peu de réconfort. Si les soins palliatifs sont assez développés au niveau social (revenu minimum d’insertion, allocation adulte handicapé, minimum vieillesse…), beaucoup reste à faire à l’hôpital. Selon les équipes en place, les personnes en fin de vie peuvent en effet être confrontées à l’acharnement thérapeutique ou à un possible abandon moral de la part de certains soignants.

T - TÉLÉPHONE. Cet ustensile incontournable a été inventé afin de pourrir la vie des hospitaliers ; avec les papiers il constitue pour les infirmières un instrument de torture au quotidien. En cas d’explosion de planning, il poursuit même les professionnels à domicile…

U - USAGER. Nouveau terme employé afin de nommer les personnes recevant des soins à l’hôpital. Il remplace les mots  « malade » ou  « patient » tout à fait démodés. Il est d’ailleurs question d’aller plus loin dans cette réforme linguistique et de remplacer bientôt  « usager » par  « client », jugé mieux approprié. Dans cette même veine, les infirmières deviendront des prestataires de service encadrées par des managers formés au marketing, au rendement optimal et à la réduction des coûts de fonctionnement.          

V - VALIDATION (des acquis de l’expérience). Cette procédure, récemment instaurée, permet à des professionnels de faire reconnaître leurs compétences acquises sur le terrain et de se voir ainsi délivrer un diplôme équivalent. Par ce biais, de nombreuses infirmières peuvent envisager une seconde carrière et devenir diplomate, casque bleu, psychologue, ouvrière à la chaîne, secrétaire, réceptionniste, punching-ball, hôtesse d’accueil…

W - WHITE-SPIRIT. Produit utilisé comme solvant afin d’éliminer certaines matières indésirables (peinture, cambouis…). Afin de dissoudre une vocation d’infirmière, il vaut mieux travailler dans un établissement maîtrisant l’anesthésie administrative et les sévices téléphoniques (lettres A et T).

X - (rayons « X »). On utilise l’imagerie médicale afin de déterminer la masse cérébrale d’un individu. Cet examen sert au recrutement des informaticiens dans des secteurs très pointus. Si le cerveau représente 30 % du volume de la boîte crânienne, le sujet est orienté vers l’Institut de veille sanitaire. S’il dépasse les 50 %, il lui est proposé d’intégrer les services préfectoraux s’occupant du plan ORSEC). Pour plus d’explications, se référer à la lettre I.

Y - YETI (ou abominable homme des neiges). Le yéti est l’archétype du médecin anesthésiste en fin de garde ; il grogne sans arrêt, fait peur aux infirmières, et lorsqu’on le cherche, personne n’arrive à l’attraper (même si tout le monde l’a aperçu).

Z - ZÉBU Nom masculin ; bœuf domestique, propre à l’Asie, à l’Afrique tropicale et à Madagascar, descendant d’une espèce indienne d’aurochs, caractérisée par une bosse graisseuse au niveau du garrot. Le zébu est élevé pour son lait et sa viande, et comme animal de trait. Accessoirement, cet animal est une référence pour l’encadrement hospitalier : il est rustique, travailleur, docile, silencieux et ne réclame pas d’augmentation. Quelque part, il est l’emblème de l’infirmière idéale ; personne n’a jamais vu un zébu manifester.

Didier MORISOT
Infirmier à Mâcon
didier.morisot@laposte.net

TFE - La distance professionnelle dans la relation soignant-soigné...


A l'automne 2011, Ophélie Duval, alors étudiante en 3e année à l'Institut de Formation en Soins Infirmiers Lucien Foury de Clermont-de-l'Oise (promotion 2008-2011), soutenait son travail de fin d'étude sur le thème « La distance professionnelle dans la relation soignant-soigné à domicile ». Elle souhaite aujourd'hui le partager avec la communauté d'Infirmiers.com et nous l'en remercions.

TFE Ophélie DuvalOphélie Duval argumente ainsi son travail de recherche : « Dans le cadre de ma formation en soins infirmiers conduisant au diplôme d’État d’infirmier, il est demandé de réaliser un travail écrit de fin d’études sur un thème d’intérêt professionnel choisi, personnel et en accord avec l’équipe enseignante. Au cours de mes trois années de formation, j’ai rencontré de nombreux patients, tous différents les uns des autres et nécessitant pour chacun une prise en charge personnalisée et adaptée.

En effet, j’ai pu constater que, selon le patient et la situation dans laquelle il se trouve, nous, soignants, ne réagissons pas pareil et n’avons pas les mêmes affects. Il nous arrive d’être plus proches avec certains patients qu’avec d’autres au point de nous demander si nous ne sommes pas en train de dépasser la distance professionnelle. J’ai retrouvé cette problématique dans plusieurs de mes stages mais, en particulier, dans un stage en libéral où l’infirmier était plutôt proche de ses patients. A ce propos, j’ai, pour projet professionnel, d’exercer dans le domaine du libéral, après de nombreuses années d’expériences dans le milieu hospitalier. C’est pourquoi, j’ai choisi d’effectuer mon travail sur le thème de la distance professionnelle dans la relation soignant-soigné à domicile.

Au regard des situations vécues en stage, les actions menées auprès des patients m’amènent à m’interroger sur : quelle distance doit-on garder pour rester professionnel et dans quelle mesure peut-on parler de distance professionnelle lors d’une prise en charge de patients chroniques ?

< Lire le TFE « La distance professionnelle dans la relation soignant-soigné à domicile » (PDF) >

N'hésitez pas à nous adresser vos TFE, à partir du moment où ils ont été soutenus, et notés, et nous les publierons sur Infirmiers.com. Pour cela, envoyez le à : bernadette.fabregas@izeos.com.

Pour accéder à tous les TFE c'est par ici !


Bernadette FABREGAS
Rédactrice en chef IZEOS
bernadette.fabregas@izeos.com


Le CHU de Lille confronté au suicide de ses agents

Quatre agents du centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille se sont suicidés depuis début janvier, a-t-on appris le 23 janvier 2012 de sources concordantes.

Le CHU de Lille confronté au suicide de ses agentsUne mission de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a été diligentée par Xavier Bertrand, ministre du travail, de l'emploi et de la santé, a fait savoir l'Agence régionale de santé (ARS) Nord-Pas-de-Calais. Elle a été confiée aux inspecteurs Jacques Métais et Michel Thierry, a précisé le directeur général de l'ARS, Daniel Lenoir. A la demande du ministre, le CHU a lancé "la semaine dernière" une enquête administrative, a également indiqué l'ARS.

Cette enquête interne doit être menée à bien d'ici mercredi 25 janvier 2012 pour être présentée vendredi 27 janvier 2012 devant le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), a précisé Freddy Serveaux, directeur adjoint du CHU en charge de la politique de régulation sociale.

Un agent des services hospitaliers (ASH) et une aide-soignante du pôle neurosciences de l'hôpital Roger-Salengro se sont donné la mort les 8 et 16 janvier 2012, a-t-il ajouté.

Le CHU a expliqué dans un communiqué vendredi 20 janvier 2012 que ces deux agents "traversaient de grandes difficultés d'ordre personnel", et que ces situations avaient été débattues à l'occasion d'une séance ordinaire du CHSCT, réuni le 17 janvier, "sans que cela aboutisse à la nécessité de préconisations sur le champ professionnel".

Une troisième professionnelle, aide-soignante du même pôle, mais d'un autre service, s'est suicidée le 17 janvier. Elle avait passé ce jour-là son entretien d'évaluation, puis avait eu un second entretien avec son cadre après la chute d'un patient, non retranscrite dans le dossier de soins. Le cadre aurait alors rappelé la procédure en la matière, a relaté Freddy Serveaux.

Enfin, un aide-soignant de l'hôpital gériatrique des Bateliers, a mis fin à ses jours à son domicile dimanche en fin d'après-midi. En congé depuis une semaine, il devait reprendre le travail lundi, a-t-il poursuivi.

Pour le quatrième suicide, une enquête de police est en cours, a précisé Freddy Serveaux.

Des responsables syndicaux, cités par le quotidien régional La Voix du Nord, ont mis en cause une pression mise sur les salariés par une charge de travail croissante et la rigueur budgétaire.

Ces quatre suicides ont tous eu lieu au domicile des agents. Pour les deux derniers, l'enquête "nous dira s'ils étaient liés au travail ou non", a-t-il ajouté.

Il a expliqué qu'une cellule psychologique, proposant un accompagnement individuel et collectif, avait été mise en place dans le CHU par la médecine du travail et les psychologues du travail, les agents pouvant la contacter 24 heures sur 24.

Le directeur général de l'ARS Nord-Pas-de-Calais a déclaré à l'APM que le CHU avait "fait ce qu'il fallait", selon lui, en lançant une enquête administrative, et en convoquant le CHSCT, qui mènera aussi de son côté une enquête.

Daniel Lenoir a rappelé que le CHU était connu comme un établissement "assez innovant dans la prévention des risques psycho-sociaux", d'où l'idée de l'ARS d'étendre la démarche de l'hôpital en créant un "observatoire régional des risques psycho-sociaux dans les établissements de santé et médico-sociaux".

La création de cet observatoire, annoncée en septembre 2011, est en cours, a précisé le directeur de l'ARS.

La directrice générale de l'offre de soins (DGOS), Annie Podeur, ainsi que Daniel Lenoir sont venus ensemble lundi "manifester [leur] soutien et [leur] sympathie aux équipes et aux proches [des agents]", a-t-il indiqué.

Le « service à l’assiette » : une démarche soignante

Le « service à l’assiette » dans une unité de pneumologie du centre hospitalier Lyon Sud a redonné du sens au suivi alimentaire des patients, a sensibilisé les soignants à la dénutrition et a permis de reconsidérer le repas comme un temps de soins à part entière avec le plaisir en plus...

Communiqué des Hospices civils de Lyon – 23 janvier 2012

Le « service à l’assiette » dans une unité de pneumologie lyonnaise« Nos patients ont perdu l’envie de manger à cause de leur pathologie et de leurs traitements (nausées, modification de l’odorat, du goût et de l’appétit…), l’idée était de leur redonner le plaisir de se nourrir en proposant un service à l’assiette plus personnel et convivial » explique Isabelle Claer et Elisabeth Charcellay, cadres d’un service de pneumologie à l’origine du projet « service à l'assiette ». Aujourd’hui, l’initiative est plébiscitée par 90% des patients qui apprécient le coté « déco » des assiettes et la disparition d’un mauvais goût lié au réchauffement des aliments en emballage plastique.

Répondre à un besoin de plaisir

Les services de pneumologie B et C du Centre Hospitalier Lyon Sud accueillent 80% de patients atteints de cancer du poumon de stades III et IV. Ces patients ont très souvent des difficultés à s’alimenter en rapport avec leurs thérapeutiques (chimiothérapie). Ainsi en 2008, face à la répétition de situations complexes et à la motivation de l’équipe soignante, une réflexion pluridisciplinaire a été conduite pour améliorer la prise en charge alimentaire. L’objectif étant de permettre aux patients, pour la majorité dénutris (entre 30 et 50 % en pneumologie), de retrouver le goût et le plaisir de manger dans l’unité et ainsi de limiter la perte de poids. La sensibilité de l’équipe au problème de dénutrition associée à des formations sur « le goût et le cancer » a abouti à la mise en place du service à l’assiette dans les unités en 2009. Pour cela il a fallu acheter de la vaisselle colorée et un deuxième lave-vaisselle. En pratique, les barquettes sont chauffées dans le chariot chauffant se trouvant à l’office puis déconditionnées au moment du service repas et ce, au plus près de la chambre du patient afin de respecter les mesures d’hygiène et d’éviter les odeurs dans sa chambre.

Des patients satisfaits

Après 18 mois de service à l’assiette, un questionnaire a permis de quantifier les avancées. En voici les grandes lignes :

  • 90% des patients apprécient le service ;
  • 70% des patients estiment que le service à l’assiette leur a permis d’avoir plus de plaisir à manger ;
  • 80% apprécient la couleur, l’absence d’odeur et le goût ;
  • 100% des soignants sont favorables au service à l’assiette ;
  • 91% considèrent cette pratique comme faisant partie intégrante du travail quotidien,
  • 48% le réalisent avec plaisir ;
  • 13 % y trouvent des contraintes organisationnelles ;
  • 65 % d’entre eux estiment être plus sensibles à la dénutrition (fiche d’alimentation, suivi diététicienne ….) et se sentent plus responsables de l’alimentation des patients, et plus respectueux du temps dédié au repas.

Une enquête est en cours pour évaluer l’impact du service à l’assiette sur la renutrition des patients et leur reprise de poids.

Céline CHAUX
Service de communication des Hospices civils de Lyon
www.chu-lyon.fr

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